Réserve

Longtemps, j’ai été au chômage, comme tant d’autres.
Puis, un jour, à bout de ressources, j’ai répondu à une petite annonce.

On ne demandait pas grand chose, que d’avoir une maison, une voiture, du temps pour écouter, beaucoup de discrétion, et « du bonheur à partager. »

Je n’avais pas grand chose d’autre à partager, si ce n’est ma maison délabrée, mon temps distendu de chômeuse, et ma propre solitude silencieuse, mais j’ai répondu.
Voilà. J’étais devenue, presque sans y avoir pensé, « accueillante ».
Accueillante familiale, je veux dire.

Oh, c’est tout simple : j’accueille chez moi, contre un petit salaire, des personnes âgées, ou handicapées. Des gens seuls, sans famille la plupart du temps.

C’est comme cela que j’ai rencontré Colette.

Colette. Elle avait presque quatre-vingt-dix ans quand elle est entrée chez moi. Elle attendait, pour finir ses jours dans une maison de retraite de la ville, une place qu’aucun mort ne se décidait à libérer pour elle.

Moi, je l’aidais à vivre encore un peu, je lui préparais ses repas, je l’emmenais faire quelques courses, je la promenais, j’étais « accueillante », en somme. C’est mon emploi, n’est-ce pas ?

Avec Colette, pourtant, c’était autre chose…. Un peu plus que de la bienveillance, une forme de respect. Je crois que, de tous mes hôtes, Colette est la seule que j’aie… je ne sais comment dire exactement… admirée, peut-être…

C’était une femme intelligente, Colette, une femme qui ne parlait jamais pour ne rien dire. D’une élégance nette et précise. D’une grande fragilité physique, et si forte en même temps. Si forte… et d’une telle…

Maîtrise.

Maîtrise, c’est le mot, qui, je pense, la caractérisait. C’était une femme qui se maîtrisait à la perfection. Une femme qui ne se laissait pas aller. Une femme qui voulait maîtriser sa vie jusqu’au bout.

Nous ne bavardions guère, Colette et moi. On ne bavardait pas avec Colette. Avec Colette on ne pouvait que parler. Et parler, ça n’a jamais été mon fort. Mais nous nous entendions tout de même à merveille. Elle était si calme, si maîtresse d’elle-même. Je crois qu’elle m’apaisait. Que c’était elle, si vieille, si menue, si courbée, qui me donnait des forces.

Jusqu’à ce jour… je me souviens très bien de tout.

Ces deux gamins qui jouaient dans le jardin d’en face avec un avion téléguidé. Un petit avion jaune et noir… il filait comme une guêpe en vrombissant dans le ciel bleu, et ils hurlaient de joie à chaque fois que l’avion effleurait le mur. A chaque fois ils criaient : « Touché !  » « Zzz ! Boum ! « On l’a eu ! »

J’ai dit à Colette : « C’est curieux tout de même comme ces enfants aiment jouer à la guerre. Pourquoi est-ce que même les enfants aiment la guerre ?

— Ils ne savent pas ce que c’est, a seulement dit Colette.

Nous aurions pu en rester là. J’aurais repris mon tricot, Colette aurait repris son livre. Les enfants auraient poursuivi leur jeu, un peu plus loin peut-être. Je ne sais pas ce qui m’a poussée à continuer. 

— Vous l’avez connue, vous, Colette, la guerre ?

— Non, je ne l’ai pas connue. Je l’ai traversée.

— C’était dur, n’est-ce pas ?

— Dur ? Il y a des choses plus dures que la guerre, vous savez. Des choses plus dures que la guerre, que la guerre nous impose. Ce qui est si terrible, avec la guerre, c’est qu’elle nous emmène bien plus loin que la guerre…

J’aurais dû comprendre et me taire. J’avais bien vu ses mains trembler légèrement, sur les pages de son livre qu’elle tenait maintenant à l’envers.

— Plus loin que la guerre ? Que voulez-vous dire, Colette ?

Elle m’a regardée sans répondre. Non, elle ne m’a pas regardée : ses yeux ne semblaient pas me voir. Ils semblaient… comment vous expliquer ? … chercher quelqu’un… en de-dans… oui, à l’intérieur d’elle-même…

J’ai cru qu’elle s’évanouissait.

— Colette ? Vous allez bien ? Colette ?

— Ne me secouez pas comme cela, Annie. Je ne suis pas un prunier, que je sache. J’ai horreur qu’on me touche.

— Mais vous aviez l’air si… j’ai eu peur… vraiment peur… Vous allez mieux maintenant, Colette ?

Elle m’a regardée, cette fois, vraiment, et si curieusement. Elle avait presque l’air de rire, de se moquer de moi, oui… de se moquer de moi, ou peut-être de quelqu’un d’autre, qu’elle voyait près de moi, ou peut-être à ma place, et dont j’ignorais tout… j’ai détourné les yeux, et, brusquement, le livre est tombé sur ses genoux, elle s’est mise à pleurer.

Colette, pleurer ? Colette ? Que se passait-il ?

— Colette ! Colette ! Que vous arrive-t-il ? Colette !

—Rien, rien du tout… je n’ai rien… C’est seulement que j’ai chaud, que j’étouffe…

Elle semblait en effet étouffer, elle était devenue très rouge et ses mains jointes se tordaient bizarrement, comme si elle avait été en train d’étrangler… je ne sais pas quoi… un être, un animal… une prière peut-être.

J’ai pris peur. Colette, toujours si digne, si assurée… la voir devant moi dans cet état ! Vraiment j’ai pris peur.

Dehors les gamins continuaient leur vacarme : « Zzzz ! Boum ! Touché ! Zzz ! Zzz ! Boum, boum ! »

Elle tremblait de plus en plus fort. 

— Reposez-vous, Colette. J’ai peur que vous ayez la fièvre… Vous êtes si rouge… Allongez-vous, là, sur le canapé…

—Non, vous ne comprenez pas. Je vais me ressaisir… Voilà… Je me suis ressaisie déjà… Si, je vous assure, je suis tout à fait remise, tout à fait calme maintenant… je veux rester assise, autant que je le pourrai, pour dire… ce que j’ai à dire… J’ai pris une décision, Annie, je vais vous raconter mon histoire. 

Ecoutez-moi, Annie… écoutez-moi jusqu’au bout, n’ayez pas peur de ce que vous allez entendre… C’est simplement qu’il faut que je parle… Je vais vous raconter quelque chose… quelque chose qui va peut-être vous faire horreur, vous détourner de moi. Mais c’est sans importance. La seule chose importante, c’est que je vais mourir.

Il est temps, Annie, vous comprenez. Est-ce que vous comprenez ?

… Il vient toujours un moment où il faut. Parler.

Je suis très âgée, vous savez bien, je n’ai plus le temps. Il faut que je vous parle. 

— Si cela peut vous faire du bien, Colette… Je suis là pour vous écouter… c’est mon métier, d’écouter ceux qui viennent vivre chez moi… Parlez, Colette, autant que vous le souhaitez. Je ne répèterai rien à personne, vous pouvez être tranquille. Je suis tenue par mon obligation de discrétion… de… de réserve, ils appellent ça. Vous savez, le devoir de réserve des professionnels. Je ne répète jamais rien à personne, je garde pour moi bien enfermé tout ce qu’on me confie… Ne vous tourmentez de rien, parlez, si cela vous fait du bien.

Je ne la reconnaissais plus, ma Colette. Elle se tenait sur sa chaise plus voûtée que jamais, comme effondrée sur elle-même, les yeux fixes, les joues en feu, et de nouveau elle tremblait, tremblait, tremblait… comme une vieille feuille qui ne serait pas parvenue à se détacher de son arbre, et qu’un vent mauvais d’hiver essaierait d’arracher tout à fait.

Puis je l’ai vue se redresser. Elle a passé son mouchoir sur son front, sur ses joues, et tout autour de ses yeux, lentement, soigneusement. Ensuite elle s’est repeignée avec le petit peigne qu’elle avait toujours dans la poche de sa jupe. Toujours très lentement, soigneusement. Et elle a reposé son livre sur la table. Bien fermé.

Elle était redevenue elle-même, la femme digne et forte que je connaissais et que j’appelais Colette.

— Je vais vous raconter… Annie, tout raconter…

Mais fermez cette fenêtre, s’il vous plaît… c’est insupportable, cette fenêtre ouverte… et ces gamins qui hurlent…

Je suis allée fermer la fenêtre. Derrière la vitre, j’ai vu, une dernière fois, luire le petit avion téléguidé. Jaune et noir, comme une guêpe, il paraissait chercher dans le ciel bleu quelque chose ou quelqu’un à viser…

Je me suis rassise, face à Colette. J’étais prête à tout écouter. Je le croyais du moins.

Elle a commencé, de sa vieille voix grave qui chevrotait à peine.

— Je vous ai dit que j’étais sans enfant, que je n’avais pas eu d’enfant… n’est-ce pas, je vous ai dit cela ? Je l’ai dit à tout le monde, toujours. C’était faux, Annie. J’ai eu un enfant.

Un enfant ? J’avais bien lu les papiers qu’on m’avait donnés, pourtant… un enfant ? non… il n’y avait aucune famille. Est-ce que Colette était devenue folle ? sénile ? Pourquoi ce flot de paroles, soudain, pour dire des choses, des choses… imaginaires ?

—Rouvrez donc la fenêtre, Annie. J’étouffe. Vous voyez bien que j’étouffe.

Je me suis levée pour aller rouvrir la fenêtre. Les cris des gamins, qui tout à l’heure ne m’avaient pas dérangée, me semblaient maintenant tout à fait exaspérants.

—Vous êtes sûre que vous ne voulez pas que je referme, tout de même ? Ils font tant de bruit ! C’est cela qui vous tape sur les nerfs… Ou alors je vais leur dire de se taire, d’aller jouer plus loin.

— Non, non.  Ce sont des enfants. Pourquoi se tairaient-ils ? Il ne faut pas que les enfants se taisent. Ce n’est pas bon pour eux d’être trop sages.

Elle s’était remise à trembler. 

— Vous avez l’air vraiment mal, Colette… Je vais vous accompagner dans votre chambre. Vous préparer une tisane, et vous allez prendre vos cachets pour dormir… vous reposer…

—Non, Annie, laissez-moi parler. Cessez de m’interrompre.

Je vous dis que j’ai eu un enfant.

Un petit garçon. Un enfant naturel, bien entendu. Vous ne pouvez pas imaginer ce que ça voulait dire, à cette époque. On le marquait dans les registres d’état-civil, en grosses lettres, dans la marge on écrivait pour la vie : illégitime. Ensuite l’enfant et la mère étaient comme marqués au fer rouge. Illégitime. Voilà ce qu’il avait écrit, en grosses lettres aiguës, l’homme de l’état-civil, sur notre acte. Le mot avait barré toute la marge, et il était devenu notre nom pour toujours. 

Moi, je l’avais appelé Claude.

A ce moment-là, c’était en pleine Occupation, je travaillais chez une modiste de la rue Mercoeur, à Nantes. Cela vous surprend ? Oui, je faisais des chapeaux… on portait des chapeaux, en ce temps-là… en pleine Occupation, on en portait encore de très beaux, oh, les affaires continuaient, n’allez pas imaginer… j’étais douée, très appréciée… j’inventais des chapeaux ravissants pour les dames élégantes qui se paraient encore. Tous les jours, je touchais leurs cheveux teints, leurs fronts plâtrés de poudre blanche où les rides affleuraient comme une eau souterraine et bourbeuse. Presque toutes étaient laides et vieilles, mais moi, je les enviais, je les enviais de toute ma jeunesse, ces femmes sans grâce qui ne souffraient de rien ! Avec ma petite paie d’employée, et mes tickets de rationnement de célibataire, vous pensez si… Non… je ne veux pas me chercher d’excuses. Je n’ai aucune excuse.

Donc, j’ai eu un enfant.

Je fréquentais deux hommes, figurez-vous, figurez-vous cela, deux hommes à la fois.

Je vous ai dit que j’allais tout raconter. Alors écoutez-moi bien, Annie. Vous me méprisez déjà peut-être. Mais vous ne savez pas encore tout. L’un d’eux était un officier allemand. Il montait chez moi tous les soirs, et il me laissait du café, des bas, du tissu pour mes robes… de l’argent aussi, de l’argent, vous comprenez ? Mon père était un simple pêcheur, et les femmes qui étaient obligées de travailler, même les modistes de talent, on ne les payait pour ainsi dire pas, en ce temps-là… Mais j’étais très jolie, et vraiment débrouillarde… Alors l’Allemand… il était d’ailleurs plutôt bel homme, et très correct. Non, non… je ne veux pas me chercher d’excuses, mais c’était fréquent, je vous assure, les filles comme moi, à l’époque, les jolies filles qui savaient se débrouiller… Je le savais bien, n’allez pas me croire naïve, je le savais bien qu’il était secrétaire, là-bas, dans la grande maison noire, au coin de la rue Gambetta. Celle qui étouffait les cris entre ses murs épais, celle dont on n’avait pas le droit d’approcher… Je le savais bien ce qu’il tapait sur son clavier, je l’entendais hurler, ce qu’il frappait sur sa machine, de ses doigts secs comme des ossements, de ses doigts nets aux ongles aigus qui griffaient mon corps allongé et soumis, le soir…

Quant à l’autre… l’autre homme, je veux dire, l’autre homme que je fréquentais… celui-là, je l’aimais. Nous nous promenions ensemble le dimanche après-midi, au bord de l’Erdre… Nous regardions les lavandières. On lavait encore le linge dans les rivières, en ce temps-là, et moi aussi, bien souvent, j’étais allée m’agenouiller sur la planche d’un lavoir, pour nettoyer mes nippes, économiser quelques sous… Nous regardions… c’était toujours du pauvre linge, usé et reprisé, qu’on battait là… et des femmes encore plus usées qui se courbaient sur l’eau pour le tordre et le tordre, se penchant comme si elles allaient y tomber afin d’y prier à leur aise, des femmes-guenilles que nul n’aurait pensé à repriser. Ce n’étaient pas elles, bien sûr, qui portaient mes petits chapeaux. Mon ami était pauvre, il n’avait presque jamais d’argent pour m’offrir un verre, dans les petits cafés du rivage. Nous nous contentions la plupart du temps de marcher, côte à côte, sous le soleil ou sous la pluie, de regarder, et de marcher, de marcher… vers la campagne, là-bas, où nous pourrions nous embrasser un peu, derrière les haies. Il s’appelait Claude, nous avancions du même pas, cela nous enchantait, de sentir entre nous ce rythme de nos pas toujours si bien accordés… mais c’était l’Allemand qui montait tous les soirs poser son grand corps sur le mien.

J’étais horriblement gênée. Colette… Colette ! 

J’avais l’impression de la voir nue devant moi, indécente et provocante, répugnante. Nue. Nue, nue, nue dans tous les plis de son vieux corps blanchi, nue. C’était plus que je ne pouvais en supporter. Je m’étais déjà levée…

— Ne vous fatiguez pas comme ça à parler, Colette. Vous allez vous allonger, là, sur le canapé… je vais vous préparer un tilleul, et vous prendrez vos cachets du soir…

— Annie, vous ne comprenez pas. Il faut que je parle, je vous l’ai pourtant expliqué. Que je parle. Maintenant. Avant de mourir. Alors asseyez-vous, au moins. Ecoutez-moi si vous pouvez, ou ne m’écoutez pas. Tant pis. Ce que j’ai à dire est affreux, mais il est temps que je le dise… 

L’Allemand avait cessé de venir, bien sûr, lorsqu’il avait compris. Mon ami était parti pour le STO sans rien savoir. Et quand ma patronne avait vu mon ventre grossir, elle m’avait aussitôt flanquée à la porte.

Ma famille vivait tout près de Nantes, à Saint-Nazaire. Pour avoir une raison de ne plus y aller, j’avais fait croire que j’étais partie travailler à Marseille, en zone libre, où on m’avait proposé de tenir un magasin. J’avais une amie, là-bas, qui se chargeait de poster à leur adresse les lettres que je lui faisais parvenir. Puisque j’étais à Marseille, bien au-delà de la ligne de démarcation, ça ne les étonnait pas, que je ne vienne plus les voir.

J’avais renoncé à la faire taire. J’écoutais, stupéfaite.

— A Marseille, un magasin, en zone libre… cette blague… ils devaient être contents d’y croire… Peut-être qu’ils ont cru aussi que j’allais les faire venir, avant que les bombardements n’aient tout détruit…

En réalité j’étais allée accoucher dans la salle commune du vieil Hôtel-Dieu, où l’on m’avait rudoyée comme il fallait. Puis, une fois délestée de mon ventre infamant, j’étais restée toute seule avec l’enfant, dans la mansarde que j’avais louée, pour économiser, dans un bâtiment sordide de la rue du Calvaire.

L’enfant dormait par terre, dans une boîte en carton que j’avais rembourrée. J’avais vendu presque tous mes meubles pour acheter la laine de ses petites brassières, de ses mignons chaussons… la laine était si chère, si rare, dans ces années-là… J’avais tout vendu pour l’habiller. Pourtant, je n’ai jamais su si je l’aimais ou si je le haïssais, cet enfant. Je sais seulement que j’aimais bien dire son nom. Claude. C’était un nom que j’avais bien fait de lui donner, un nom qui changeait la haine en amour. Claude… Je disais doucement « Claude », et il me regardait, comme s’il avait compris, en agitant ses mains pleines de petites fossettes. Il était si calme, si sage, un enfant qui ne pleurait pas.

Jamais je ne le sortais. Il ne fallait pas qu’on sache, en ville, vous comprenez. Vous comprenez, bien sûr…

J’ai fini par retrouver un petit travail chez un boulanger qui faisait du marché noir. Ce n’était pas payé, mais j’avais du pain tous les jours. Les restes de la veille. Bien plus que ce que j’aurais pu avoir avec mes tickets. Je sortais tôt le matin, je laissais derrière moi l’enfant dans la boîte en carton. Et je fermais la porte à clé. Quand je rentrais, vers dix heures, il me regardait avec ses grands yeux bleus. Il m’avait attendu quatre heures, les yeux ouverts, j’en étais sûre. Un enfant si calme qui ne pleurait jamais. Un enfant si sage… Je crois qu’il savait tout. Si petit. Il savait déjà tout. Il me faisait peur, au fond, avec ses yeux trop grands, son éternel silence. Pour qu’il s’endorme je lui donnais du pain que je trempais dans l’eau, puisque je n’avais pas de lait.

Nous n’étions pas vraiment malheureux, ensemble, finalement, vous voyez. Et l’avenir… l’avenir, j’avais cessé de l’envisager… je me disais que peut-être le temps allait s’arrêter là. Qu’il allait m’épargner, puisqu’il m’avait déjà fait tant de mal, le temps – le temps de ce temps-là qui ne menait à rien…

Mais… mais… c’était en septembre… septembre 43… le 16 septembre… 

Les sirènes ont hurlé et tout le monde s’est précipité dans les caves.

Il y avait déjà eu un bombardement. Tout le monde savait qu’il y en aurait un autre, qu’il y en aurait d’autres. Plusieurs fois par semaine on avait une alerte.

Cet après-midi-là, la sirène a hurlé longtemps, longtemps. Bien plus longtemps que d’habitude.

Je ne suis pas sortie. Je ne pouvais pas sortir sans l’enfant, évidemment. Et je ne pouvais pas courir le risque de sortir avec l’enfant. On aurait pu me reconnaître. Oh, ce n’étaient pas les gens de la maison que je craignais… il n’y avait là que des pauvres, et des filles de mauvaise vie, comme on disait alors, à tous les étages. Alors moi, avec mon enfant naturel… Non, ce que je redoutais, c’étaient les autres. Tous les autres… Il venait des gens de toutes les rues voisines, vous comprenez, dans les quelques caves qui pouvaient servir d’abris… j’aurais pu rencontrer des gens qui m’auraient reconnue, d’anciennes relations, de vagues parents, des gens qui auraient pu informer ma famille, mon nouveau patron… ou même Claude, là-bas… Claude à qui je n’avais rien dit, qui ne devait jamais savoir. Si bien que je ne descendais jamais pendant les alertes. Je restais juste à attendre, l’enfant dans mes bras, à attendre, attendre… que le danger vienne. Si j’avais encore eu ma valise, j’aurais pu emporter le petit, dans la valise, sans qu’on le voie, mais j’avais aussi vendu ma valise… Alors nous restions là, tous les deux, pendant que tous se précipitaient aux abris. Je n’avais pas le choix. Vous comprenez, n’est-ce pas ?

— Oui, Colette, bien sûr, je comprends…

— Non, vous ne comprenez pas… Vous ne comprenez pas encore.

Je vous ai dit que c’était en septembre. Le 16.

Les sirènes ont fini par se taire. Il y a eu d’abord autour de moi un grand silence, après le tumulte de l’alerte. Ce grand, ce long silence. J’étais toute seule, là-haut dans ma mansarde. Toute seule. Avec lui. Ils avaient tous déserté leurs appartements. Comme des rats.

Ce silence, ce silence… il a duré si longtemps….

Puis il y a eu ce grondement dans le ciel, qui faisait vibrer tout mon corps, et qui approchait, qui approchait. J’ai serré l’enfant dans mes bras. Lui, il me regardait, comme d’habitude, tout tranquille. Oh, ce grand roulement dans le ciel, dans les murs, partout… On aurait dit un tremblement de terre. Et… cette chaleur, soudain… cette chaleur…

J’ai regardé par la lucarne : dans la rue, plusieurs maisons étaient déjà en flammes. Mais la mienne était restée intacte. Intacte. C’était donc un miracle ? J’ai cru que c’était fini. Que nous avions eu de la chance. J’ai reposé l’enfant dans la boîte, pour qu’il se rendorme.

C’est un instant après, juste un instant après, que la bombe est tombée. La toiture s’est effondrée sous le souffle, les flammes ont commencé à crépiter dans la charpente. J’ai crié. Mais non, l’enfant était toujours vivant, à peine recouvert de gravats, derrière un grand tas de décombres. Il suffisait que je me penche… il tendait ses petits bras, tout près de moi, confiant, certain que j’allais le reprendre. Et le feu, le feu galopait partout. Il fallait partir, partir, tout de suite, ou mourir. L’enfant me regardait dans son berceau. Il s’est mis à tousser, mais il ne pleurait pas. Il ne gémissait pas non plus. Si seulement il avait crié, s’il avait appelé… non, il tendait simplement ses petits bras trop sages qui se couvraient peu à peu de cendres. Pour l’emporter il fallait se courber sur le muret de décombres, perdre encore quelques secondes… et le feu, le feu frôlait déjà ma robe… j’étouffais… 

Alors j’ai… je me suis enfuie sans réfléchir… j’ai dévalé ce qui restait de l’escalier. J’étais devenu un rat moi aussi. Moins qu’un rat, car un rat n’aurait pas laissé ses petits. J’ai couru dans la rue. Derrière moi l’immeuble s’est effondré avec les autres, et l’incendie a tout dévoré.

Ensuite… ensuite… je ne peux pas vous dire. J’ai couru plus loin, j’ai erré jusqu’au soir. Je le cherchais partout, comme s’il avait été vivant, comme si je n’avais pas su… Je demandais aux gens… il y avait tant de femmes, dans les rues, qui cherchaient des enfants, et qui les retrouvaient… A la nuit, je suis revenue. J’ai fouillé les ruines fumantes de mon immeuble et mes mains se couvraient de cloques et de cendre grasse. On y voyait comme en plein jour, à la lueur des incendies qui ravageaient la ville. Mais je n’ai rien trouvé, rien. Même pas la petite gourmette de cuivre que j’avais attachée à son bras, avec son prénom que j’avais gravé au couteau – Claude – pour le cas où il me serait arrivé quelque chose. Non, je n’ai rien trouvé. Quand le matin est venu, j’ai ramassé une poignée de cendres. Et je l’ai enfermée dans mon mouchoir. Avec mes doigts tout brûlés j’ai noué le mouchoir, bien serré, bien serré. Comme je l’aurais étranglé. Vous trouverez cela, si je meurs chez vous, Colette, dans le tiroir de la table de chevet. Enterrez ce mouchoir avec moi, c’est tout ce que j’ai aimé et tout ce que j’ai haï, c’est ma vie toute entière. Enterrez-le avec moi, car lui, personne ne l’a jamais enterré.

— Non… vous n’allez pas mourir, Colette…

— Si, bien sûr que si, je vais mourir. Pourquoi voulez-vous me tromper ? Vous feriez mieux de m’écouter. Je veux que vous entendiez tout. Que vous sachiez la vérité. Sinon vous ne pourrez pas juger.

Je suis allée me laver dans l’Erdre. Il n’y avait personne, ce matin-là, pour battre et tordre ses guenilles dans l’eau morne.

J’ai quitté la ville, après cela. La boulangerie où je travaillais avait été bombardée elle aussi, il n’y avait même plus d’Hôtel-Dieu, il n’y avait plus que des morts, des morts et des morceaux de morts, partout, qu’on entassait jusque dans les lycées et les musées. Les caves, finalement, n’avaient pas protégé grand monde. Il ne restait plus rien à faire pour moi dans cette ville. Je n’avais pas non plus envie de regagner Saint-Nazaire, que de toute façon on évacuait déjà. Je voulais vivre à la fin, vivre ma libre vie de belle fille. Je suis partie à pied.

J’ai réussi à passer la ligne de démarcation. Ne me demandez pas comment. J’étais jolie, je vous l’ai déjà dit, jolie, et vraiment débrouillarde. J’ai pu gagner Marseille, où mon amie m’a aidée. J’ai même tenu, là-bas, à la fin de la guerre, un petit magasin, dont les propriétaires ne parvenaient plus à s’occuper. C’était devenu vrai, à la fin, vous voyez, mon mensonge. Mon amie m’avait crue, quand je lui avais dit que l’enfant était mort écrasé par une poutre, dans l’abri dévasté où nous nous étions réfugiés, avec les autres. J’avais presque fini par y croire moi-même. Tant les mensonges finissent toujours, lorsqu’on se les raconte longtemps, par devenir nos vérités.

On ne m’a jamais tondue. J’ai appris à la fin de la guerre que Claude s’était marié. Peut-être que quelqu’un lui avait raconté, malgré tous les efforts que j’avais faits pour cacher ma faute. J’ai bien pleuré, puis, quelques semaines plus tard, j’ai épousé un négociant en grains d’Orléans. Un homme très bien, très à son aise, qui avait fait d’excellentes affaires pendant la guerre. Le genre d’hommes qu’épousent les jolies filles lorsqu’elles sont débrouillardes. Brave homme, d’ailleurs, à sa façon. Nous n’avons pas eu d’enfant. Des autres, de l’autre, il n’a jamais rien su. Mon amie était partie pour le Maroc. Qui aurait pu encore savoir ? Quand on me demandait des papiers, j’expliquais que je venais de Saint-Nazaire, de Saint-Nazaire dont il ne restait rien, comme aurait dit le poète, de Saint-Nazaire où tous les registres d’état-civil avaient brûlé. Qui aurait pu me contredire ? J’avais refait ma vie, comme on le dit si bien. Une vie refaite, cela s’habite très bien, vous savez, bien mieux qu’une mansarde aux meubles de carton. Je n’ai jamais parlé. Jamais. Il ne m’aurait pas épousée, évidemment, mon négociant, s’il avait su. Ni lui ni personne ne m’aurait épousée, s’il y avait eu l’enfant.

Pourtant, je me dis quelquefois que plus tard, bien plus tard, il aurait peut-être fini par se faire adopter, mon doux Illégitime, s’il avait été encore là, vivant, caché sagement quelque part, chez une nourrice ou dans un pensionnat. Oui, peut-être que mon mari lui aurait donné son nom, un jour, après tout, c’était un homme qui voulait tellement être père. On aurait rayé sur le registre les grandes lettres aiguës comme des grilles, on aurait mis au-dessous « Reconnu », en petites lettres rondes, et nous aurions été une famille. Une mère, un père, un enfant… cela finit toujours par faire une famille, je pense… Bien sûr, ce n’est encore qu’un nouveau mensonge. Un de ces mensonges qui finissent par devenir la vérité des lâches.

J’ai toujours gardé le mouchoir, cependant. Ce courage-là, au moins, je l’ai eu. Mais bien caché dans l’armoire à linge, jamais ouvert, bien fermé, bien serré, définitivement étranglé, sous les sachets de lavande. La cendre grasse traçait de grands cernes sur le tissu peu à peu, à mesure que je vieillissais, et que mes yeux s’enfonçaient dans l’ombre – au-dedans, tout au-dedans de moi.

Je vous ai dit que vous le trouveriez dans la table de nuit, c’est là qu’il est maintenant, prenez-le si je meurs avant d’avoir déménagé mes meubles. N’oubliez pas.

Un mouchoir sale, rempli de choses sales. Mon dernier baluchon.

Vous me jugez, Annie, n’est-ce pas ? Vous avez raison, et c’est ce que j’attends de vous. Que vous me jugiez. C’est pour être jugée que j’ai voulu parler. Il faut que quelqu’un me juge à la fin, puisque je ne crois pas en Dieu. Alors je voudrais que vous me le disiez, vous… Ce jour-là, dans l’incendie et la terreur, vous, à ma place, qu’est-ce que vous auriez fait ? Dites-le-moi, à ma place, qu’est-ce que vous auriez fait ? A ma place, Annie…

— A votre place, j’ai bafouillé. A votre place… je…  je ne peux pas savoir, Colette. Je suis tenue à… enfin j’ai un… un devoir de réserve, n’est-ce pas… A votre place, je ne sais pas, moi… à votre place… à votre place… Non, je ne peux pas… je n’ai pas à… je ne peux pas… je suis tenue… par mon devoir… mon  devoir de… de…

Elle m’a regardée bizarrement. Peut-être avec mépris. Elle semblait apaisée, elle était redevenue forte et digne.

Elle a simplement dit : 

— Votre devoir de réserve. Bien entendu. Vous avez tout à fait raison, Annie. Vous ne pouvez pas vous mettre à ma place.

Elle est partie le lendemain dans sa maison de retraite. Un mort avait bien voulu céder sa place, finalement. Je n’ai jamais cherché à la revoir. 

J’avais été si lâche, évidemment. Tellement plus lâche qu’elle. Car vraiment je n’avais pas pu me mettre à sa place. Je m’étais réfugiée à la cave, comme tous les autres, ce jour-là, derrière les murs épais de mon devoir de réserve, refusant de savoir, refusant de comprendre, tandis qu’elle errait toute seule dans les ruines de sa vie, serrant dans son mouchoir les cendres mortes de son enfant. J’avais fui aux abris comme un rat. Avec tous les rats de ce monde… et je voudrais ne jamais avoir… si seulement j’avais été capable de…

… mais… non. Et si vous me le demandiez aujourd’hui, aujourd’hui qu’elle est morte elle aussi, si vous me le demandiez, à votre tour, ce que j’aurais fait, à sa place… à sa place… je ne saurais toujours pas vous le dire.

 

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17 commentaires pour Réserve

  1. jill bill dit :

    Bonsoir Carole, émouvant à souhaite, prenant… Un enfant illégitime de nos jours ce n’est plus la même chose, pauvre vieille femme… merci, JB

  2. Quichottine dit :

    Personne ne peut se mettre à sa place, ni à celle de celle qui l’écoutait.
    Je n’ai pas connu la guerre, mais je sais le mal qu’elle a fait autour de moi.
    Mon coeur de mère me dit que j’aurais bravé le feu pour sauver l’enfant…
    Mon coeur d’enfant me dit que j’aurais écouté cette mère me parler, que j’aurais essayé de ne pas juger..
    Mais qui peut en être sûr ? Même pas moi.

    Magnifique récit, Carole…Merci.

  3. Aloysia dit :

    Te lire, Carole, c’est tellement bouleversant qu’au bout tous les mots qui auraient pu venir se sont évanouis… Tu entres dans le coeur des gens, tu ressens ce qu’ils ressentent avec une telle puissance ! En effet la « vérité » de ce que tu exprimes nous pénètre tant que l’on ne te croit pas, lorsque tu dis à Colette que tu ne « peux pas te mettre à sa place ». Mais au fait, c’est « Annie » qui ne le peut pas, ce n’est pas toi ?! Annie n’est qu’un « second rôle » dans cette pièce magistrale, l’acteur principal c’est bien toi. Maîtresse de la tragédie, dirais-je, tant les accents me paraissent raciniens.

    • carole dit :

      Merci, Aloysia. Excuse ma réponse tardive, j’ai été absente de chez moi quelques jours.
      Je suis heureuse que tu aies perçu que la construction du récit était tragique. C’est en effet ce que j’ai cherché à faire, un monologue tragique.
      Sans le génie de Racine, hélas, mais avec son modèle en tête – et notamment cette idée qu’il FAUT parler.

  4. almanito dit :

    Il s’agit plus d’amour ou plutôt de manque d’amour dans ce récit tragique que de lâcheté à mes yeux. Comment aurait-elle pu avoir assez d’amour en elle pour sauver son enfant alors qu’elle même n’en avait jamais vraiment reçu? Bien sûr qu’il ne s’agit pas de la juger, ni en bien ni en mal. Mais cette cruelle image du petit tendant ses petits bras, confiant, reste.

    • carole dit :

      Personnellement, je ne juge jamais mes personnages, je laisse les lecteurs y réfléchir. Et je serais en effet bien incapable de juger des êtres qu’après tout j’ai créés, aimants et cruellement égoïstes, comme les humains « réels ».

  5. Coco dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord, touchée par le contexte que vous décrivez en tout premier lieu et même, c’est bête à dire, mais un attendrissement et moi je n’ai pas de devoir de réserve :-), Puis une énorme tension en lisant ce texte. Elles sont dures à passer, ces lignes qui n’accouchent pas et nous préparent. C’est une situation insoutenable que l’histoire de Colette, mais on est prévenu. Alors oui, essayer de comprendre. Que de questions cela soulève, encore et encore sur la signification de laisser faire le pire, d’abandonner, d’en être acteur. Evidemment, avec cette histoire de Colette, on est vraiment dans le pire. Pas par elle, mais par les facteurs, l’accumulation et le temps. Peut-être trop de bonté dans ce regard de bébé bleu pour un cœur désespéré ? Peut-être que la pureté donne cette pulsion de supprimer ( ?) par l’horreur que l’on ressent de ne pouvoir la rendre, ou donner ? Et ce futur qui siffle qu’il n’existe pas. On sait bien, on se doute… je ne sais pas pourquoi j’ai presque prié pour qu’elle ne l’ait pas étranglé. Cela dit, je ne sais pas ce qui est le moins atroce. Mais en réponse à la question comment savoir, comment juger, comment se mettre sur le même seuil ? Colette ressemble à un désespoir d’usure entre haine et amour. Elle ressemble à la vie et la mort qui ne cessent de s’embrasser (s’embraser c’est un peu facile, mais c’est vrai aussi). Elle ressemble au néant de temps en temps et à la tentation que tout soit fini. Après tout il y a le monde qui n’existe plus pour ces deux fantômes. Et encore, Claude a ce lien, cette toiture morale que Colette est, cette voûte qui l’enveloppe et le rend sourd à l’horreur. Elle ne ressent aucune protection, envers et contre rien. Elle ressemble à ces lieux que l’on n’aimerait pas entendre hurler en nous, les yeux « tournés vers l’intérieur ». Toujours est-il que si l’histoire est totalement vraie, cet enfant donne envie de penser à lui, de le prendre et de répondre à sa confiance magnifique qui se tait devant la guerre mais lui répond à Colette, cet enfant qui vit avec un peu de pain et l’attente nue, pure. J’ai relu les lignes de ses bras tendus comme si vos mots lui offraient de se survivre des années après. Si « Claude » existe, merci à vous pour lui et de nous faire réfléchir et de tellement toucher. Colette est restée le fantôme de la guerre. Très beau et vraiment déchirant. Je ne peux pas faire court quand je suis bouleversée. Or, je suis repassée par là…
    Bonne fin de semaine à vous.

    • carole dit :

      Merci beaucoup, Coco. Je vous réponds un peu tard, car j’ai été absente de chez moi quelques jours. Claude et Colette sont imaginaires, mais ces fantômes de la guerre, comme vous le dites si bien, me hantaient depuis que j’avais vu la belle exposition « Nantes en guerres », à laquelle j’ai emprunté quelques détails – notamment sur la Gestapo à Nantes.

      • Coco dit :

        Il n’y a vraiment pas à me dire merci ! Je ne vous cache pas que je suis heureuse que ce bébé ne soit « que » le fruit de votre imagination. Votre histoire est très belle.

  6. Coco dit :

    Ps : Sans compter que je réfléchis que vivre dans le non-dit, et/ou le mensonge vide aussi et détruit. Enfin, voilà pour Colette qui traverse de justesse la folie et poursuit en enfer. 😦

  7. Cruelle situation..si bien contée que la seule lecture oppresse.
    Nombreuses furent des histoires semblables à cette époque, nous ne pouvons juger.. Personnellement j’aurais assumé, affronté les regards..J’aurais été forte pour deux…
    l’Amour aurait été le plus fort.

  8. hamza dit :

    Un texte merveilleux; magnifique et émouvant. Je l’ai lu et relu. Il m’a complètement bouleversé. Il (le texte) nous rappelle que la guerre est la pire des mauvaises choses qui puissent arriver puisqu’elle favorise la misère; la faim; la mort. La guerre est la décadence de l’humanité. .

  9. Alain dit :

    Juger ? Juger quoi ? Il s’agit d’une de ces histoires que les hasards de la vie nous réserve parfois.
    Il ne reste que votre texte, Carole, et là, il est très fort, comme si vous aviez vécu ce drame.
    Bouleversant.

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