La chute d’Icare

there was

a splash quite unnoticed

William Carlos Williams

 

C’était un si beau soir. Un de ces doux soir de septembre, quand l’été un peu las commence à se pencher sur l’épaule de l’automne. Les montagnes s’inclinaient sur l’eau verte dans une légère vapeur de brume. Tandis que les nuages, là-bas, dans les fonds jaunis du couchant, roulaient comme des vagues.

C’était un paysage si parfait, si bien ordonné. En cercles et diagonales. En courbes et en miroirs. Un de ces paysages rêvés que les peintres flamands composaient comme des dieux, de montagnes glacées, de vaisseaux calmes et d’eaux étales sous un horizon sfumato. Il n’y manquait que le sujet. Le petit sujet humain dérisoire et perdu dans un coin du tableau.

J’ai toujours aimé la peinture… J’ai longtemps regretté de ne pas être vraiment devenu peintre… s’il n’y avait pas eu la famille, les affaires, j’aurais, sans doute… mais j’étais ce qu’on appelle un héritier. Il y a toujours eu la famille, les affaires. Ma lâcheté, mon conformisme, mon incapacité à tracer moi-même mon chemin. Sans doute. Et encore autre chose, je crois… cette étrange faculté que j’ai toujours eue. Car si je n’ai jamais appris à peindre, si je n’ai jamais créé un seul tableau réel, toute ma vie j’ai peint, pourtant… J’ai peint, les extrayant du monde réel qui m’entourait et les passant au filtre des grands maîtres, des paysages mentaux. Oui, c’est ainsi que je suis malgré tout devenu peintre : je regarde le monde qui m’entoure, je le recompose, je le recrée, j’en fais un tableau que mon esprit contemple. Toute ma vie j’ai peint de cette étrange façon, en esprit. Toute ma vie, sans me lasser, j’ai peint et j’ai repeint les tableaux des grands maîtres. Mais jamais je n’avais eu, jusqu’alors, l’impression d’avoir atteint mon but, d’avoir pleinement réalisé le chef-d’oeuvre que je poursuivais depuis si longtemps. 

C’était, donc, ce soir-là, un beau soir de maître flamand, un doux soir de septembre si jaune, si délicatement vaporeux qu’on aurait cru que le temps se balançait, incertain de sa route, sur le grand ballon doré du soleil, avant l’ultime instant de la chute.

Nous passions comme chaque année nos vacances sur le bateau – ce beau voilier bien équipé que j’ai acheté il y a quelques années, quand je me suis enfin retiré des affaires, à bord duquel nous visitons désormais, ma femme et moi, tous les grands lacs du monde.

Depuis deux ou trois jours déjà, nous faisions le Léman – comme dit ma femme – et nous avions le projet de voir – à la nuit bleue, selon son expression – le château de Chillon. Celui du prisonnier… le pauvre type enchaîné à un pilier, qui a inspiré un poète anglais, autrefois… je ne sais plus bien quel prisonnier, je ne sais plus bien quel poète, on ne peut pas se souvenir  dans le détail de toutes ces histoires affreuses, n’est-ce pas ? – mais il est certain qu’elles imprègnent le paysage, qu’elles y répandent on ne sait quel brouillard qui porte à la méditation – à moins que ce ne soit à la cruauté… En tout cas une atmosphère propice à la peinture et à la création, sous quelque forme que ce soit.

Nous étions encore presque à six milles du château, du côté de Saint-Saphorin, la brise se faisait à peine sentir, et nous avancions lentement à la voile, quand nous avons entendu le fracas d’un moteur au-dessus de nous.

Nous avons levé la tête.

C’était un petit avion rouge, un avion de voltige qui dansait dans le ciel jaune comme une libellule.

Nous l’avons hélé joyeusement.

L’avion dansait d’une si charmante façon, traçant au-dessus de l’eau un trajet capricieux, et sa rapidité était si admirable qu’on aurait vraiment dit une libellule. Le pilote s’aventurait dans des trajectoires inattendues, extraordinaires, nous l’observions, anxieux, mais toujours, au moment de raser l’eau patiente, il redressait sa direction pour s’élancer plus haut, très haut, si haut, puis reprendre une nouvelle voltige plus surprenante encore, et de nouveau raser le flot. 

J’ai pris mes jumelles pour mieux voir.

—Un maître-pilote, j’ai dit à ma femme. Il faut le voir se pencher pour enchaîner les cercles. Il est encore très jeune, mais c’est déjà un champion, c’est évident. Une star de la voltige, certainement.

Ma femme, enthousiasmée, a encore crié : « Bravo, bravissimo ! », comme à l’opéra, pour encourager le pilote. Je me souviens même qu’elle s’est mise debout sur le pont pour l’applaudir avec de grands mouvements des mains. 

Le garçon cependant se risquait à des loopings de plus en plus compliqués, rasant l’eau puis remontant vers le ciel, et tournoyant encore au ras des vagues avant de remonter soudain. Un beau spectacle assurément.

Mais j’ai repris la manoeuvre. Nous avions autre chose à faire. Le soleil déclinait de plus en plus rapidement sur l’horizon. Et nous voulions arriver à Chillon juste à la « nuit bleue » –une idée romantique de ma femme, la nuit bleue.

Nous avons longé un moment la côte. Cette belle côte de Lavaux toute recouverte de vignes aux terrassements compliqués.

—C’est beau, a dit ma femme, tous ces petits murets sur les pentes… ce que j’admire surtout, c’est le dessin des vignes… de loin on dirait des sillons, tu ne trouves pas ?

—Ou un labyrinthe… un dédale…

—Oui… c’est vrai qu’on dirait un de ces grands labyrinthes de buis… comme celui qu’on a vu à Pisani.

—Ça ne doit pas être facile, de travailler là-dedans. Tu as remarqué le type, là, avec son cheval ? Sans doute qu’on ne peut pas faire passer de tracteur… Un rude travail, derrière ces jolis murets… des siècles de terrassements, d’efforts… Mais à chacun sa peine et le monde sera bien gardé.

—Qu’est-ce qu’il fait, à ton avis, dans sa vigne, avec ce cheval ? Les vendanges sont finies, non ?

—Je ne sais pas… Il arrache des vieux ceps, on dirait… ou bien il les a déjà arrachés, et il laboure pour nettoyer la terre avant d’en replanter d’autres… ça vit, les vignes, alors ça crève aussi, on arrache, on replante… le cycle, quoi… aucune charrue ne s’arrête pour un homme qui meurt, comme on dit.

—Comme on dit ? Je n’ai jamais entendu dire ça…

—J’ai dû le lire quelque part.

—Tiens, regarde donc plutôt, là, juste devant, cette petite plage. C’est marrant… On ne s’y attendrait pas… Il y en a un monde… à cette heure-ci, c’est bizarre … c’est une fête, sûrement… ils sont serrés comme des sar…

—Non, comme des moutons… ce sont des moutons, pas des poissons, ces gens qui se massent sur les plages, au lieu de naviguer, non ?

Ma blague n’a pas faire rire ma femme. Elle n’aime pas mon genre d’humour. Elle a fait comme si elle n’avait pas entendu.

—Et là-bas, est-ce que c’est Lausanne, qu’on aperçoit… ? toutes ces lumières qui s’allument les unes après les autres… 

—Voyons, tu inverses tout, c’est Vevey, bien sûr… Nous approchons de Vevey. Et là-bas, on voit déjà Montreux… 

Il n’y avait plus un souffle de vent. J’avançais au moteur. J’ai jeté un coup d’oeil dans le rétroviseur panoramique de la cabine. Un rétroviseur que j’ai fait installer spécialement, légèrement convexe, si bien conçu que le paysage entier s’y reflète, à peine bombé, comme dans ce tableau ancien que j’avais vu à Bruxelles… J’ai eu une sorte de révélation : le soleil… ! Dans le rétroviseur, inversé, il se posait enfin sur l’eau exactement où il fallait : là-bas, sur le délicat sfumato des fonds, conformément à l’ordre éternel de la peinture… Je tenais mon tableau… Il suffisait, c’était soudain évident, il suffisait de partir de ce reflet, de ce soleil inversé, de cette légère courbure du panorama, puis de se déplacer mentalement sur la rive… pour se tenir plus haut, en surplomb… Il ne manquerait plus alors que…

Soudain il y a eu ce grand bruit dans l’eau, derrière nous. Comme un bruit de plongeon. Un plongeon d’un élan peu commun. Nous nous sommes arrêtés, intrigués, vaguement inquiets.

On ne distinguait rien. Même le petit avion-libellule avait disparu.

Un long remous est venu secouer le voilier. Un pêcheur attardé sur la rive a protesté à notre passage, croyant que nous étions la cause du tourbillon qui avait emporté sa pêche… Une perdrix s’est envolée en criant sur la rive — une de ces sottes perdrix grasses qu’on lâche pour les massacrer aux grands chasses de l’automne. Puis tout a été de nouveau très calme. Le lac était devenu tout à fait sombre, même si une jeune lune vacillante commençait à grimper sur son fil, glissant d’un nuage à l’autre. La grande mongolfière jaune du soleil, quant à elle, était tombée là-bas, derrière la ligne de l’horizon, sans même un froissement de l’eau.

—Il est parti s’amuser un peu plus loin, finalement, a dit ma femme.

—Qui donc, le soleil ?

—Idiot ! l’avion, bien sûr !

—Ça doit être grisant, de conduire ces petits engins. On pourrait essayer, une fois ?

—Quoi donc ?

—D’en louer un. A Genève, on doit pouvoir.

—Un avion ? Oh, c’est tellement dangereux… tu serais bien capable d’essayer les loopings…

—Les loopings, non, mais les galipettes, pourquoi pas… si tu montes avec moi.

Nous avons ri. Ma femme n’aime pas mon genre d’humour, en général, mais ça lui arrive de rire, des fois, quand je vais vraiment trop loin, par exemple. Nous nous sommes embrassés. Dans la nuit bleue, c’était si bon de s’enlacer.

Cinq minutes plus tard, nous étions à Chillon. 

Nous avons fait lentement le tour du château. Le bleu du ciel s’approfondissait d’instant en instant, et le bâtiment se découpait par intermittences sur la clarté vacillante de la lune, on aurait dit qu’un maître s’appliquait à tracer d’un doigt de lumière les créneaux et les tours. Un tableau fabuleux, j’ai pensé. Ou un dessin… un dessin de Victor Hugo, par exemple… Romantique à souhait, Chillon la nuit, ma femme avait raison… et j’ai commencé à réfléchir à cet autre tableau – ou à ce dessin… je ne savais pas encore – que je pourrais réaliser – en esprit, bien entendu.

J’ai été interrompu, hélas, par le hurlement des sirènes. Ça venait de loin, de bien au-delà de Vevey. Et sur l’autoroute, là-haut, on voyait clignoter des gyrophares, tandis que d’autres sirènes hurlaient…

—Tu entends ? a dit ma femme, soudain inquiète. Des sirènes de police… Ils ont des sirènes affreusement stridentes ici… un peu comme aux US… tu te souviens de celles de Chicago ?… Et, oh… tous ces gyrophares qu’on aperçoit sur l’autoroute, là-haut… !

—Ça doit être pour le prisonnier de Chillon… il a dû réussir à s’évader finalement, et ils viennent de le rattraper…

Ma femme n’aime pas mon genre d’humour, d’habitude elle fait semblant de ne pas entendre, quand je blague, mais là, elle s’est serrée contre moi, frileusement, peureusement.

—Il y a sûrement eu un accident… quelque chose de grave… elle a murmuré, et elle s’est serrée encore plus fort contre moi.

Nous nous sommes couchés très tard, cette nuit-là, dans la cabine du bateau, serrés l’un contre l’autre, amoureux comme jamais. Tous les nuages s’étaient levés et la lune paradait en triomphe. C’était une nuit si pure, remplie d’étoiles qui glissaient dans le ciel. Par l’écoutille ouverte on pouvait les voir tracer sur l’ombre leur chorégraphie compliquée.

–Des libellules, des millions, des milliards de libellules, là-haut, j’ai dit à ma femme. Tu ne trouves pas qu’on dirait vraiment des libellules ? un immense ballet de libellules blanches et glacées comme les crètes des montagnes. A moins que ce ne soient plutôt des avions… des millions, des milliards de petits avions blancs comme la mort dessinant dans le ciel leurs ballets délicats, looping après looping… Le premier homme qui a réussi à voler, je suis sûr qu’il a fait des loopings, qu’il a tourné dans le ciel comme une flamme, et qu’il s’est métamorphosé en libellule de glace…

Ma femme n’aime pas mon genre d’humour. Elle a fait semblant de dormir. Je l’ai prise de nouveau dans mes bras. Ma femme est très belle quand elle dort. Elle m’a fourni bien des tableaux, dans mes rêves de peinture. Des tableaux souvent… disons… dénudés… La nuit était si douce, si douce, une nuit pour l’amour.

.

Le lendemain matin, vers dix heures, nous sommes allés prendre un petit déjeuner dans un café de Montreux. Il y avait un journal sur la table.

C’était en première page.

L’avion.

Il était tombé, finalement.

Il s’était abîmé dans le lac à l’instant précis où le soleil avait roulé sous l’horizon, entraînant par le fond son unique passager. Il n’y avait pas eu d’autres victimes.

Avant de s’engloutir, l’appareil avait eu, selon les rares témoins de l’accident, un comportement si étrange qu’on ne pouvait pas encore déterminer si le pilote, un champion de voltige très aguerri malgré son jeune âge, et dont l’appareil venait d’être vérifié – était tombé dans le lac parce qu’il avait pris des risques exagérés en tentant de réaliser des figures inédites, ou si, déstabilisé par un élément extérieur ou par une panne brutale dont l’origine restait à déterminer, il avait essayé désespérément de se redresser, tandis que l’avion tombait vers l’eau comme une pierre. L’enquête déterminerait ultérieurement les causes de ce drame. Le monde de la voltige aérienne, unanime, rendait hommage à l’aviateur, un garçon de valeur, bien connu dans le milieu…

J’ai reposé le journal. 

Ainsi, il s’était englouti, finalement, le petit avion rouge qui dansait dans le ciel. Le joli patineur qui tournoyait au ciel comme une flamme et glissait sur le lac comme une libellule.

L’engin avait à peine rayé la surface très calme du lac, le remous de la chute avait battu lentement jusqu’à nous comme un coeur fatigué, secouant un instant notre bateau, puis il avait cessé de battre. Le soir s’était refermé sur le silence, et nous n’avions rien su.

N’est-ce pas toujours ainsi ? Des vies s’abîment à nos côtés sans que nous nous en rendions compte, nous nous aimons et nous donnons des fêtes quand d’autres s’en vont à leur propre enterrement. Et sans les journaux et la télévision, nous douterions-nous seulement que nous côtoyons tant de catastrophes ? 

J’ai passé le journal à ma femme. A mesure qu’elle lisait, ses mains se sont mises à trembler. De plus en plus fort.

—Tu te souviens comme il tournait, comme il voltigeait… tu te souviens comme nous l’encouragions… Comment avons-nous pu ?

—Comment aurions-nous su ?

—Au lieu de partir vers Chillon sans même nous retourner, si nous étions restés à regarder… nous aurions pu sauver le pilote, peut-être, le recueillir sur le bateau…

—Il est mort sur le coup… Selon les témoins, il n’a pas refait surface. C’est marqué, là…

Mais elle, elle répétait :

—Quand je pense que je l’ai applaudi, alors qu’il… et toi, tu criais, tu l’encourageais à continuer, à faire mieux… et tout d’un coup, sans raison, nous lui avons tourné le dos, nous sommes partis… c’est toi qui as voulu partir… et lui… il est resté tout seul… c’est tellement affreux… comment avons-nous pu ?

Et elle pleurait, elle pleurait.

« Il est tombé comme l’autre, j’ai pensé. C’est tout. Il le fallait. C’était lui, le sujet. Il est tombé tout seul dans un coin du tableau. A sa place éternelle. »

J’avais vu l’oeuvre à Bruxelles. Un vieux tableau merveilleux d’un vieux peintre flamand, qui s’appelait La Chute d’Icare. J’étais resté longtemps devant la toile, à tout examiner, à tout inscrire dans ma mémoire vacillante pour ne plus l’oublier, et je m’étais promis de peindre à mon tour un jour quelque chose de semblable. On disait, après tout, que c’était sans doute une copie, qu’il y avait encore d’autres copies. C’était vertigineux. Mais les chefs-d’oeuvre ne doivent-ils pas justement être peints et repeints sans fin, dans le cercle infini de ce recommencement qui les pose tout vivants dans nos esprits vivants ?

Et voilà qu’en fin de compte je l’avais fait, à mon tour. Mon chef-d’oeuvre. J’y étais arrivé, finalement. Quant à lui, le garçon imprudent, il était mort. Il était tombé juste où il fallait, dans un coin de mon oeuvre. Chacun sa place en ce monde… 

Je n’ai rien dit à ma femme. Ma femme n’aime pas mon genre d’humour, de toute façon, et même si ce n’était pas de l’humour, cette fois, elle n’aurait pas aimé non plus.

Elle pleurait si fort. Elle avait un tel sentiment de culpabilité. Elle est comme ça, ma femme. Toujours à se croire coupable de tout.

Moi, j’aurais bien aimé pleurer avec elle sur le malheureux aviateur, au lieu de penser seulement, comme un idiot, à mon tableau. A ce tableau qui était incontestablement le premier de tous ceux que j’avais tenté en esprit à s’être enfin réalisé. A ce tableau qui était le sommet de mon art. A ce tableau qui était tellement parfait qu’il avait fallu pour l’accomplir…

J’étais troublé, tellement troublé… partagé entre orgueil et terreur. Parce que, voyez-vous, j’en étais sûr même si vous en doutez – ne le dites pas, je le sais bien, que vous me croyez fou.

Mais j’en étais sûr et j’en suis toujours sûr : c’était à cause de moi qu’il était tombé. Pour que je puisse enfin l’achever, l’amener à sa perfection, ce tableau que j’avais commencé à composer ce soir-là, sur le lac, puis que j’avais peint lentement dans tous ses détails, en esprit, sans que ma femme en sache rien.

Cet aviateur, c’était moi qui l’avais entraîné au fond du lac. C’était moi, le peintre en esprit, qui avais décidé de le placer dans le coin du chef-d’oeuvre secret où il devait s’engloutir. Et c’était mon esprit tendu vers l’oeuvre qui l’avait entraîné, lui, l’obligeant à la chute.

Entre sa vie d’humain et l’absolue perfection de mon tableau mental, je n’avais pas hésité.

J’étais un criminel. J’étais un artiste enfin. J’avais accompli mon rêve le plus fou tandis que le sien s’achevait.

Et, comme dans le tableau du vieux peintre flamand, personne n’en avait rien su.

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7 commentaires pour La chute d’Icare

  1. almanito dit :

    Belle et triste histoire, j’ai aimé ce reflet dans le rétroviseur, image ou le passé et le présent se mêlent pour nous conduire jusqu à ce tableau à travers ton récit fascinant.

  2. Un couple en vacances qui se croit « coupable de tout » ; une « Chute d’Icare » revisitée par un « peintre en esprit » : quel magnifique conte que vous nous proposez ce matin, Carole, avec cette nouvelle version d’un Brueghel l’Ancien, malheureusement perdu, et qu’à votre manière vous recréez.
    Quelle intéressante, – et psychanalytique -, réflexion sur le concept d’artiste, aussi …

  3. Quichottine dit :

    Tu es incroyable…
    Tout commence par un merveilleux tableau très poétique, que nous pourrions presque mettre en vers tant il est musical.
    Et puis, nous arrêtons de respirer.
    Je dois dire qu’il y a eu un moment où je me suis mise à trembler pour le pilote, à me dire qu’il allait forcément mourir…
    La chute était attendue, mais sublime.
    Merci pour ce récit, Carole.
    Passe une douce soirée.

  4. Quelle merveilleuse écriture ! Oui, je connais ce tableau où Icare est à peine visible,tout petit dans un coin du tableau pour que l’on comprenne son insignifiance…

  5. jill bill dit :

    A flirter avec le danger on épouse la mort… merci Carole, belle et triste histoire, j’ai aimé !

  6. Alain dit :

    Je retiens deux choses de ce passionnant récit :
    – la vision de cette étonnante toile de Pieter Brueghel l’Ancien « La chute d’Icare » que je ne connaissais pas. Je retrouve l’humour corrosif habituel de ce peintre qui nous montre la noyade d’Icare, les jambes sortant de l’eau, dans l’indifférence totale des personnages du tableau continuant leur activité sans se soucier de ce qui se passe.
    – Votre interprétation symbolique du tableau qui vit une seconde vie dans l’esprit de cet homme en bateau qui le recompose mentalement comme Brueghel l’avait imaginé. Sa femme n’aimait pas son genre d’humour…
    L’imagination et la poésie se rejoignent dans cette belle histoire.

  7. La Baladine dit :

    Ce tableau me ramène toujours à cette analyse d’Anne Philipe ( Le temps d’un soupir) : « Le vol d’Icare de Brueghel, plein de soleil, est l’expression même de la solitude, non pas de l’égoïsme, mais de l’indifférence qui isole les hommes les uns des autres. Il a sans doute raison, ce laboureur,
    de tracer son sillon pendant qu’Icare se tue. Il faut que la vie continue, que le grain soit semé ou récolté pendant que d’autres meurent. (…) Icare meurt, non pas abandonné mais ignoré. chacun de nous est comme ce laboureur. Chaque fois que l’on sort, on passe à côté d’un désespoir, d’une souffrance ignorée. »
    Ta reconstitution est d’une finesse qui confine à la perfection. Icare joue, plein d’orgueil, meurt, et le monde continue.

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