Le Cri

Elle l’avait remarqué en traversant la place vers six heures et quart, pour aller prendre son car. Un drôle de petit édifice très laid qui luisait bizarrement sous le réverbère. Une sorte de cabanon dépourvu de fenêtres. De la hauteur et de la largeur d’un être humain, à peu près. Peint en rouge comme cette cabine téléphonique de Londres d’où elle avait tenté vainement d’appeler, autrefois, pendant ce voyage scolaire où elle s’était égarée. Métallique et luisant comme ces parois de tôle contre lesquelles s’étaient cognés, alors, ses cris et ses sanglots solitaires, avant que ne la saisisse, soudain, cet immense, inextinguible fou rire, à l’idée de la liberté sans limites qui soudain s’offrait à elle. Sottises de jeunesse… lointains enfantillages…

Assurément, pourtant, l’édicule, hermétiquement clos et mystérieusement lisse, n’était pas une cabine téléphonique. Il n’y avait plus, d’ailleurs, depuis longtemps, aucune cabine téléphonique à Sainte-Ombeline.

De quoi pouvait-il bien s’agir ?

Il n’y avait rien, la veille, à cet endroit. Rien du tout. Elle en était absolument sûre. Lorsqu’elle avait traversé la place, en descendant du car de 20 heures 06, la veille, elle s’était arrêtée sous ce réverbère, précisément… exactement là… sous ce réverbère qui éclairait aujourd’hui le curieux cabanon. Elle s’était arrêtée, elle s’en souvenait très bien, la fatigue l’avait prise, et elle s’était arrêtée… s’était assise près de ces deux gamines qui ricanaient doucement, sur le petit banc de bois… et n’avait rien remarqué d’anormal. Et voilà que pendant la nuit quelqu’un était venu poser cette drôle de petite construction. Incroyable. C’était de l’art, peut-être. Ce genre d’oeuvres que certains élaborent, la nuit, très vite, quand les honnêtes gens dorment ou regardent la télévision. Du « street art », comme on dit. On voyait des choses de ce genre dans les expositions qu’organisait la municipalité, depuis l’élection de ce nouveau maire. Les gens avaient des idées si bizarres de nos jours. Elle ralentit légèrement le pas, se détourna de quelques mètres, pour observer l’édifice de plus près. Sur la porte était placardée une affiche plus étrange encore  que tout le reste :

CRIOBOX

Ici, on peut crier.

Dans notre Criobox, il est

PERMIS  

de crier aussi fort et aussi longtemps que nécessaire.

Entrez, laissez-vous aller, criez à votre aise, nous nous occuperons de tout.

Ce service Criobox associé au Programme national Bonheur-sécurité est entièrement GRATUIT.

Crier ? elle ne criait jamais. Plus jamais. Elle avait passé l’âge. Elle savait se tenir. Plus personne ne criait, de toute façon. C’était extrêmement mal vu, désormais. Crier, c’était comme pleurer, c’était si… tellement antisocial, n’est-ce pas ? Quelle absurdité, ce projet Criobox. Une blague, certainement. Dès le soir, sans nul doute, on aurait démoli et évacué cette absurde cabine qu’on ne savait qui, pour on ne savait quoi, était venu planter sur la place du bourg. Les gens avaient vraiment de drôles d’idées, de nos jours. Et bien du temps à perdre. Mais elle, du temps à perdre, elle n’en avait malheureusement pas. L’autocar allait passer et il n’était pas question de le manquer, cette fois. Ç’avait été une telle histoire le mois dernier, ce vendredi où elle était arrivée avec trente-deux minutes de retard parce qu’elle avait dû faire du stop, après avoir raté l’autocar du matin. Elle avait eu beau expliquer que le toute récente directive ERTP – « Equité et Rationalisation des Transports Publics » – avait imposé une réduction à un seul trajet aller-retour quotidien des liaisons par autocar entre Sainte-Ombeline et Valdombreuse, et qu’en outre on avait avancé de cinquante-trois minutes l’heure du départ, la matinée entière avait été retenue sur son salaire. Pas étonnant que les gens aient envie de crier, au fond, pas étonnant… quand on pense qu’après vingt-deux ans chez Hyperval il avait suffit qu’elle manque le car du matin… Mme Mestre l’avait même carrément menacée de licenciement… Depuis qu’elle avait eu, peu après son cinquante-sixième anniversaire, cet inexplicable lumbago qui l’avait immobilisée une bonne semaine, elle sentait vaguement que Mme Mestre la surveillait, mais ce vendredi-là, quand elle avait manqué le car et était arrivée bien après l’heure au magasin, Mme Mestre avait été très claire.

« J’ai cent-cinquante candidats qui attendent de prendre votre place, madame Blu, j’ai sur mon bureau une pile de cent-cinquante lettres de candidatures spontanées, d’excellents profils pour la plupart, des personnes jeunes, dynamiques, équilibrées, diplômées, des personnes compétentes, figurez-vous, adéquates. » Compétentes, diplômées, certainement, et surtout bien plus jeunes, en bien meilleure santé. Dynamiques. Equilibrées. Adéquates. Evidemment. Mme Mestre serait impitoyable, elle l’avait compris. A la première erreur… mais elle tiendrait. Il le fallait. Elle tiendrait.

Finalement, elle avait eu son car, elle était même arrivée avec une heure d’avance, et la journée s’était déroulée comme une autre, longue, morne, fatigante, mais banale. Supportable, en somme.

Le seul événement marquant, mineur certes, finalement, bien qu’encore légèrement douloureux, avait été l’incident du talon aiguille.

C’était un peu après midi. Elle se tenait très malencontreusement à quatre pattes dans son rayon, occupée à ramasser les grains de riz qui s’étaient échappés du paquet qu’un client malveillant avait éventré. La fille du nettoyage était en pause, évidemment, aussi elle n’avait pas eu d’autre choix que de s’accroupir, et de ramasser un à un les grains de riz qui lui glissaient des doigts. Irrésistiblement attirée, comme à son habitude, par les erreurs et les désastres, Mme Mestre était arrivée si vite qu’elle n’avait entendu que trop tard le « toc toc » de ses talons, et, avec ses mauvais genoux et son dos encore douloureux, elle n’avait pas eu le temps de se relever. Mme Mestre s’était avancée, sans ralentir, sans dévier de sa route, de son pas décidé de femme élégante et active, exactement comme si elle n’avait pas aperçu la silhouette informe et usée qui se tenait courbée sur son passage, et, au moment précis où elle avait tenté, s’appuyant maladroitement sur ses poignets ankylosés, de se remettre sur ses pieds, elle avait senti le talon s’enfoncer comme un clou dans sa main.

« Vous auriez tout de même pu vous écarter, avait déclaré Mme Mestre, vous avez failli me faire tomber. Qu’est-ce que vous faites par terre ? C’est d’un très mauvais effet pour la clientèle, madame Blu, de voir les employés s’accroupir dans les rayons à ramasser on ne sait quoi. Si au moins vous n’étiez pas si maladroite. C’est toujours dans votre rayon qu’on voit s’effondrer les choses. »

Elle s’était tue, stoïque, ravalant la douleur et les larmes. Mme Mestre avait dû être déçue. Elle avait sans doute espéré des cris, des injures peut-être aussi… rien n’aurait été meilleur que des injures pour le dossier de licenciement.

—Je me demande si vous n’êtes pas déprimée, avait ajouté Mme Mestre… à voir votre dos voûté, vos gestes ralentis, vos yeux cernés… votre passivité… et cette propension que vous avez à vous agenouiller, à vous traîner à quatre pattes. Cela se traite, la dépression, vous savez, cela se traite même très bien, de nos jours…

Elle avait frissonné sans savoir pourquoi.

Mais elle avait été forte. Une fois de plus, elle s’était maîtrisée, désarmant Mme Mestre. Sa main ne saignait pas, après tout, et rien n’était cassé. Un simple hématome. Un accident sans gravité. Finalement, elle s’en était bien sortie. Elle avait eu du cran. Mme Mestre serait bien obligée de le reconnaître, et même de le noter dans son dossier, qu’elle avait du cran, une solide capacité de résistance malgré son âge. Elle était capable de tenir longtemps encore sans craquer. Combien de temps ? Elle ne savait pas, mais longtemps.

Quand elle était rentrée, le soir, par le car de 20 heures 06, la petite bicoque rouge était toujours sur la place. Finalement, personne n’avait jugé bon de l’enlever, cette baraque à cris… Elle luisait toujours sous son réverbère, tentatrice…

C’était curieux, comme la place était déserte. Curieux, presque angoissant. Le soir, d’habitude, on voyait partout des groupes de jeunes qui bavardaient et écoutaient de la musique, des amoureux qui s’embrassaient sur les bancs. Mais ce soir, il faisait si bon pourtant, et… non, personne… il n’y avait personne. Comme si le petit édicule rouge avait repoussé loin de lui les badauds. Sans doute tous ces jeunes gens insouciants qui avaient l’habitude de se rassembler le soir sous le réverbère ne se souciaient-ils pas d’être vus là, près de cette baraque de foire bizarre qui parlait de crier, de hurler, de se laisser aller aux plus douteuses, aux plus méprisables manifestations de la faiblesse humaine.

Elle regarda autour d’elle, puis, s’étant assurée que personne ne pouvait la voir, s’approcha lentement. C’était froid sous les doigts. De la tôle… elle l’avait deviné… Machinalement, elle posa sa main sur la poignée de la porte. A peine. Mais le métal légèrement effleuré se mit à vibrer aussitôt, et une voix aérienne, prévenante, efficace — commença à parler :

« Vous venez d’être identifiée : madame Blu Amandine, Georgette, âgée de 57 ans. Bonjour madame Blu Amandine, Georgette, nous vous attendions. Entrez, n’hésitez pas. Nous savons qu’une lourde charge de souffrance physique et morale s’est amassée en vous. Nous savons qu’aujourd’hui encore, vous avez eu à subir une de ces situations difficiles qui peuvent pousser à la dépression ou à la violence, deux fléaux qui coûtent chaque année 2,67 points de PIB à notre grand pays. Sachez que vous n’êtes pas seule, madame Blu, nous souhaitons vous aider. Entrez, mettez-vous à votre aise, hurlez et criez, pleurez et tempêtez, cognez contre les murs si vous le souhaitez, ici, tout est permis, tout est possible, dans notre Criobox parfaitement isolé. »

C’était vraiment bizarre. Il s’agissait donc d’une machine. Et comment cette machine pouvait-elle savoir son nom rien qu’à la pression de sa main ? Comment pouvait-elle savoir aussi, pour ses ennuis au travail ? Mme Mestre avait-elle déjà fait un rapport, l’avait-elle transmis aux autorités ? En outre, tout ceci était très gênant. On pouvait entendre. Qu’allaient penser les gens, à Sainte-Ombeline, s’ils la voyaient là, s’ils l’entendaient ainsi appeler par son nom dans ce… ce Cri… Crio…

De nouveau elle regarda autour d’elle. Tout était désert et silencieux. On ne voyait personne.

Alors elle s’enhardit, tourna prudemment la poignée, et la porte s’ouvrit. A l’intérieur, tout était sombre, comme tapissé de nuit.
Il lui sembla entendre des voix, des appels et des cris assourdis. Des paroles incompréhensibles, d’une sauvagerie inhabituelle.

Elle referma la porte en hâte, effrayée.

« Ne partez pas, reprit la voix, n’essayez pas de fuir, c’est inutile, nous vous avons formellement identifiée, madame Blu Amandine, Georgette âgée de cinquante-sept ans, domiciliée à Sainte-Ombeline, 11 avenue des Cèdres. Nous savons que vous avez besoin de secours. Criobox est un outil très sûr d’aide à la personne, conçu par notre équipe Bonheur-Sécurité. N’ayez pas peur. Confiez-nous votre cri, madame Blu Amandine, Georgette, nous l’analyserons aussitôt dans nos laboratoires spécialisés. Outre le soulagement physique que vous ressentirez aussitôt, vous bénéficierez ultérieurement d’un suivi gratuit de vos émotions dans le cadre de notre programme spécial Bonheur-Sécurité. »

La porte s’ouvrit cette fois sans qu’elle ait eu besoin de tourner la poignée. Une sorte de bourrasque la poussa à l’intérieur, et la porte se claqua. Elle était dans le noir.

 Seule. Elle tambourina, mais la porte ne voulait plus se rouvrir.

« Criez, madame Blu, abandonnez-vous, reprit la voix, suave et tentatrice. Criez comme vous l’avez si souvent souhaité. Criez, hurlez, laissez-vous aller dans notre Criobox. »

De nouveau, autour d’elle, elle perçut ces gémissements, ces appels, cette rumeur de cris lointains. Ils s’approchaient, enflaient, devenaient hurlements et stridences. Bien des gens avaient dû venir ici avant elle. Ils avaient osé, eux…

Pourquoi ne pas essayer ? Depuis le temps qu’elle se  forçait à tenir, comme elle disait. Toute la misère de sa vie la submergeait maintenant. Crier, c’est vrai, on a besoin de crier quelquefois, cela lui ferait tant de bien de crier. A la maison aussi elle se maîtrisait trop, jamais elle ne se laissait aller. Thomas ne supportait pas qu’elle parle de madame Mestre, de son lumbago, ou de quoi que ce soit qu’il estimait déplaisant. Thomas ne supportait pas, d’ailleurs, qu’elle parle de quoi que ce soit, il disait que cela l’empêchait de profiter des programmes que diffusait en continu son mur télévisuel. Il était dans son droit, évidemment. Le bien-être est un droit, le mur télévisuel est un acquis social : elle ne songeait en rien à remettre en question ces axiomes. Depuis qu’on avait lancé le programme d’Etat Bonheur-Sécurité, le bien-être était même devenu plus qu’un droit : un devoir social. Il était très suspect de manifester quelque faiblesse morale ou souffrance physique que ce fût. Aussi bien du reste que toute joie exagérée, tout bonheur dépassant les attentes ordinaires. Des comportements antisociaux, voilà ce que c’était, désormais, que la douleur, la colère, le sentiment d’échec – aussi bien que l’exubérance et la joie délirante. Même les tout petits enfants se retenaient de rire et de sangloter, de nos jours. Depuis si longtemps… si longtemps… elle s’était retenue, contenue. Crier, crier. Crier. Les êtres humains ont besoin de crier. Elle en avait besoin. Besoin. C’était un besoin irrépressible.

Elle se mit à hurler. Longuement. Le cri résonnait, immense, dans la petite cabine, il rebondissait comme une mélodie sur les parois de métal, il enflait, il grandissait comme une vague. Jamais elle ne s’était sentie aussi libre, aussi proche d’elle-même, de ce moi lointain, confiant, sensible, capable de joies intenses et d’immenses douleurs, qui avait été un jour elle-même. C’était si bon, si bon, que soudain, comme autrefois, elle se mit à rire, à rire. Sans pouvoir s’arrêter. Sur les parois se mirent à clignoter des lumières affolées.

Merci, articula la voix suave.

C’était si bon d’avoir crié, et si bon maintenant de rire, d’être libre à nouveau… Quelle invention, ce Criobox, quelle merveilleuse invention, finalement… mieux que la cabine téléphonique, autrefois, à Londres. Mieux que tout ce qu’elle aurait jamais pu imaginer. Bien sûr que non, elle ne retournerait pas chez Hyperval, Mme Mestre pouvait bien…

Merci, reprit plus séchement la voix, la séance est close. Nous vous remercions d’avoir spontanément collaboré. Votre cri est désormais enregistré sous la référence CFT478, et sera analysé au plus vite dans nos laboratoires. Au cas où nous détecterions quelque chose d’anormal, vous seriez convoquée pour des examens et interrogatoires complémentaires. Les résultats, strictement confidentiels, ne seront pas communiqués à votre employeur. En revanche, en application de l’article 113  de la loi du 25 septembre 2027 sur le Bonheur et la Sécurité, un traitement adapté pourra obligatoirement vous être proposé. Nous vous remercions pour votre confiance. Nous vous rappelons que vous pouvez exercer sous vingt-quatre heures un droit de recours auprès de la Commission Spéciale des Libertés Individuelles.

Nous vous souhaitons une bonne soirée, Mme Blu, une paisible soirée.

C’était tout. La porte s’ouvrit pour lui laisser passage. Dehors, un très jeune homme, l’air honteux, masquant  de son écharpe le bas de son visage, tournait autour de l’édifice comme un pécheur autour d’un confessionnal. Il s’efforça de ne pas croiser son regard.

Elle eut envie de l’avertir.

Se retint.

Il y avait sans doute aussi un micro à l’extérieur. Un micro, ou bien plutôt une caméra équipée de ce nouveau système dont avait parlé la télévision, qui captait jusqu’aux signes les plus impalpables, jusqu’aux plus légers chuchotements.

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20 commentaires pour Le Cri

  1. jill bill dit :

    Bonjour Carole… c’est vrai que de nos jours, une fois chez soi, après le boulot, on ne supporte plus le bruit.. même les pleurs des enfants, le chien du voisin, on veut la paix et au travail ose t’on se plaindre… alors une douce soirée après la Criobox… j’admire tjs la façon d’écrire ces nouvelles sur un objet, un personnage de départ, trouvé dans la rue souvent… merci ! JB

  2. almanito dit :

    Je t’avais un peu reconnue entre les lignes de ce récit terrifiant, mais je ne pensais pas que ce « Criobox » existait vraiment. Tu y es rentrée, jamais je ne l’aurais fait, sans doute parce que instinctivement bien que n’ayant pas encore pris connaissance de ton texte, j’aurais un peu pensé à ce que tu évoques. Cela donne des frissons dans le dos, c’est kafkaïen.

    • carolechollet dit :

      Quand je dis qu’il existe, oui, c’est vrai, mais ce n’est pas tout à fait le même « Criobox »(heureusement), et il ne s’appelle pas tout à fait « Criobox » non plus… Je ne veux pas nuire à la créatrice de l' »installation » que j’ai visitée en donnant tous les détails (mais c’est facile à retrouver).
      J’ai en effet voulu faire un récit kafkaïen. Une « machine » du Cri dans une colonie pénitentiaire de chez nous. Et Munch passait justement par là…

  3. Ce truc existe ?
    Vous blaguez ,j’espère …

    • carolechollet dit :

      Celui-ci n’existe que dans ma fiction (heureusement, mais qui sait ?). Mais je me suis inspirée d’un « criodrome » (ludique, bien sûr, mais qui sait ?) qu’on avait installé près de chez moi.

  4. Aloysia dit :

    C’est dingue, en effet, très Kafkaïen et SF noire… Fiché de tous les côtés, jusque dans son CRI !! Alors que le cri dans sa nature sauvage et spontanée, est au-delà de toute définition, au-delà de la personne ! C’est incroyable (voici plusieurs fois que je remarque que tes propos tombent pile pour refléter voire anticiper mes recherches du moment…) : tu représentes dans cette histoire un raccourci parfait de la « Chute » qui emprisonna l’Homme-dieu dans la matière.
    En effet à l’origine du cri est Sa Nature Propre : Il Est, immuable et inaltérable. Dans le Cri (le « son » primordial, OM, le Verbe…) il s’exprime c’est à dire sort de lui-même ; et s’il tombe à l’aboutissement du cri, dans l’expression de soi il devient prisonnier : le mental survient qui le fiche dans des définitions, des formes, des sons et des ressentis… Et ce sont ces définitions même qui sont sa prison, la matière qui par la folie mentale va se multiplier à l’infini.
    Bravo Carole !! (Le récit est comme d’habitude poignant de réalisme et haletant d’émotion).

  5. Cardamone dit :

    Horrible, excellent, très fort et malheureusement si juste!

  6. flipperine dit :

    cela serait vraiment utile parfs mais pas qu’il y ait des voix qui nous répondent

  7. eva dit :

    La thérapie du cri… avec aucun autre encadrement que cette boîte (qui parle cependant ! en vous intimant sèchement l’ordre de sortir parce que c’est finit !)… ça fait peur… un peu…

  8. G.Policand dit :

    Tu me fais frissonner!!
    Tu te lances dans la S F?
    BUVONS UN VERRE EN ATTENDANT….

  9. Quichottine dit :

    Oups… J’espère qu’une telle chose n’existera jamais… au moins pas dans cette forme.
    Merci pour le moment passé, Carole.
    Douce et belle journée à toi.

  10. mansfield dit :

    Un texte qui devrait toucher chacun de nous tant il évoque nos rages et nos frustrations. Dire que ce Criobox prétendument serviable est un leurre aussi!

  11. fanatiques2numerique dit :

    J’adore. Quelle histoire!! On ressent la libération de Mme Blu après une angoisse très lourde. Un beau texte. Bon, sur ce, je vais aller crier.. Pas de criobox ici, mais dans le bois.. ça devrait aller, non?

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