Concerto pour clarinette

Il a posé sa sono sur le trottoir. Il a placé une pièce dans le chapeau rouge. Il a sorti la clarinette de son étui. Il a enclenché la sono. Et il a attendu l’entrée du chef. Les applaudissements ont retenti.

Alors il s’est avancé, il est entré en scène à son tour, et le public a applaudi plus fort. Il a salué. Très bas. Heureux d’être ainsi attendu. Le chef a fait signe. L’orchestre a commencé à jouer. Et maintenant, la clarinette à la main, il écoute l’orchestre… Bientôt, très bientôt, ce sera à lui. On ne verra, on n’entendra, on n’admirera plus que lui…

Concerto pour clarinette.

Mozart.

Je n’ai aucun mérite. Je l’ai joué, autrefois.

Oui, bien sûr, vous pouvez vous asseoir à ma table, puisque nous avons commencé à lier conversation, ce sera aussi bien de continuer… Non, ça ne me gêne pas du tout, je n’attends personne, enfin, si, tout à l’heure, il y aura Blanche, j’attends Blanche… mais nous avons encore le temps… Blanche… ma fille, je veux dire, qui joue ce soir le rôle de Blanche DuBois. Ma fille a eu la chance d’obtenir le rôle de Blanche DuBois dans une jeune troupe pleine d’avenir qui a décidé de monter Un tramway nommé Désir… Ils ont eu déjà d’excellentes critiques. Un beau succès l’année dernière, au « off » d’Avignon. C’est une vraie chance pour ma fille d’avoir obtenu le rôle de Blanche – une chance de « percer », comme on dit… « percer », oui, c’est si bizarre de dire les choses ainsi, puisque personne, bien sûr, ne saurait expliquer ce qu’il y a exactement à percer – une couche de glace ou de terre, un plafond de verre, une peur qui vous étoufferait, ou bien… je ne sais pas, la nuit qui tombe, par exemple…

Vous attendez quelqu’un vous aussi ? Non ? Vous aimeriez avoir quelqu’un à attendre ? Je vous comprends, c’est difficile à supporter, la solitude… Moi, oui, en effet, j’attends ma fille, je dois la ramener après le spectacle. Nous habitons une banlieue éloignée, voyez-vous, mal reliée par les transports en commun, et ma fille n’a pas de voiture. La plupart du temps, bien sûr, elle reste à Paris, elle dort chez des amis, ou dans des colocations provisoires… mais ce soir elle n’avait pas de… de point de chute, comme on dit – c’est si bizarre, d’ailleurs, cette expression, là encore… « point de chute »…  Pas de point de chute, donc, alors je lui ai proposé de passer la prendre… Non, elle n’a pas les moyens de louer vraiment quelque chose… avec ses revenus d’intermittente, vous vous doutez bien, à Paris… 

Je suis sorti rapidement de mon travail, je ne voulais pas courir le risque d’être en retard. Finalement je suis arrivé très en avance. Mais ça ne m’ennuie pas du tout d’attendre. Non, je ne peux pas m’ennuyer, pas un soir comme celui-ci… C’est la première, voyez-vous, ce soir… Vous n’imaginez pas à quel point c’est… enfin, à quel point… voilà : c’est… la première

Et puis, justement, nous avons de la chance, on nous joue de la musique. Le concerto pour clarinette. Une des dernières oeuvres de Mozart… il l’a écrit peu avant sa mort… oui, quand il était aux prises avec l’affreux Salieri et tout ça… Je vous fais rire ? Tant mieux… C’est un concerto que j’ai toujours aimé… très serein… apaisé…

Ah, écoutez, il vient d’entamer le premier solo… Il n’est pas mauvais du tout, en fait, ce clarinettiste, il est même plutôt bon… On ne s’y attend jamais,  de la part de quelqu’un qui s’installe sur un trottoir, surtout lorsqu’il n’est plus tout jeune… J’imagine qu’il a dû avoir sa petite heure de gloire, un jour, sur une scène de province, dans ce concerto… comme moi… Mais moi… non, non, je ne joue plus de rien… je fais de la comptabilité, maintenant, comme tout le monde… je crois que j’ai eu raison d’arrêter… c’est impitoyable, vous savez, la musique, je n’étais pas assez doué, ou pas assez passionné peut-être… on m’a fait comprendre assez vite…

Je repense toujours à mes années de conservatoire, quand je vois tous ces musiciens de trottoir… il y en a tellement, à Paris… Les jeunes, à la rigueur, ils ont besoin de se faire un peu d’argent de poche, on se dit qu’ils feront autre chose, mais des gens comme ce clarinettiste, mûrs, grisonnants… 

Oui, vous avez raison, ça doit être très dur, la première fois… la toute première fois qu’on pose, sur le sol gras, son gobelet cabossé, son petit chapeau rouge… Bien moins, pourtant, bien moins dur, que ce matin de désespérance où on range son instrument, pour se reconvertir, par exemple, dans la comptabilité… beaucoup moins dur encore que ce soir de fatigue où on le retrouve, gisant dans son étui empoussiéré, incapable de gémir la note aiguë des vies manquées.

Lui, au moins, lui, il a l’air heureux, notre clarinettiste… C’est vrai que le public lui est acquis, avec ces applaudissements enregistrés… toute la musique lui appartient… il est, il sera… l’un des plus grands. Pas de doute. Puisqu’on l’applaudira à coup sûr tout à l’heure. Et puis la soirée est si douce…  Ce soir on se dit que tout est possible… J’aime beaucoup cette heure bleue du soir, quand rien n’est encore vraiment noir, quand la lumière est comme en suspens… Ces gens aux terrasses des cafés, ces couples qui marchent enlacés, cette douceur de printemps… Il y a dans le monde ce soir quelque chose de léger, de fragile, une sorte de promesse, un charme qu’il ne faudrait pas rompre.

Mais… oh… voilà qu’on commence à sortir du théâtre… Quelques personnes seulement pour l’instant. Un couple…  Il me semble avoir entendu : « Blanche ?… elle était… ? » — n’est-ce pas, c’est cela qu’il a dit ? « Blanche… ! elle était… ! » Vous l’avez entendu aussi ?  Je n’ai pas pu saisir la suite. Ni comprendre ce que la femme a répondu. Non, je n’ai pas réussi davantage à l’entendre. Vous non plus ? Ils sont passés si vite… Les mots se sont si vite éteints.

Sur le trottoir d’en face, au moins, le clarinettiste joue toujours… si seulement cette voiture de police n’avait pas attaqué en même temps, toutes sirènes hurlantes, nous aurions pu apprécier l’attaque du deuxième mouvement… il est très beau, le deuxième mouvement… mon préféré… adagio…  

Oh, vous avez vu cette petite fille qui court dans la lumière… ? un peu comme dans la Ronde de nuit, vous ne trouvez pas ? cette petite fille… elle court si vite… petite comme elle est, qu’est-ce qu’elle court vite !… pourvu qu’elle n’aille pas tomber ! Le « point de chute », n’est-ce pas, qu’on ne trouve pas toujours… Tiens, voilà qu’elle s’arrête devant la sono. Vous avez vu comment elle a jeté sa pièce dans le chapeau… ? Voilà qu’elle court à nouveau vers l’ombre… C’est si drôle la façon dont elle se blottit maintenant contre sa mère, comme si elle avait fait quelque chose de… je ne sais pas, quelque chose de… de mal… ou de dangereux… La musique a dû lui plaire… c’est un si beau morceau, ce concerto… qui sait si elle ne voudra pas devenir musicienne, plus tard ? Et sa mère… elle la garde serrée contre elle… on dirait qu’elle a peur, elle aussi. 

Mais elles ont déjà disparu dans la foule… C’est drôle… on regarde les gens qui passent, on s’intéresse à eux, et hop, c’est fini, ils ne sont déjà plus là. Vous savez, c’est ce que je me dis, depuis un moment que je suis là à attendre… que c’est étrange, de voir tous ces gens passer, bien vivants, se dirigeant quelque part, puis de les voir disparaître, dans la foule et dans la nuit qui tombe. C’est cela, une grande ville, vous ne croyez pas ? un lieu où les gens passent, puis disparaissent. Un coin de lumière sous le réverbère, une silhouette qui grandit, une voix qui s’élève, puis plus rien… C’est plus sage de rester immobile et d’attendre là sans rien chercher d’autre, au fond, oui, plus sage, vous n’avez pas tort… mais est-ce qu’on peut appeler ça vivre ? … Ah, non, non, pardonnez-moi, je ne disais pas du tout cela pour vous…

C’est curieux, plus personne ne sort du théâtre… Je me suis peut-être trompé, tout à l’heure. Ces gens étaient peut-être là pour une tout autre raison… Alors ce n’est pas de Blanche qu’ils parlaient… ou bien ils voulaient dire une autre Blanche… D’ailleurs c’est sans importance.

Ces pneus qui crissent… c’est… ah, si déplaisant… non, c’est juste un taxi qui s’arrête. Elles sont très élégantes, d’ailleurs, les deux femmes qui montent. Ce sont certainement des critiques… ou des politiques… ma fille m’a dit qu’il y aurait des politiques… C’est important pour les subventions…

Juste avant que la portière claque, il m’a semblé entendre : « Elle a du chien, cette petite, elle ira loin… » Qu’est-ce que cela veut dire, « du chien », et de qui parlaient-elles ? Cela me bouleverse de penser qu’en ce moment tant de gens que je ne connais pas pensent à ma fille, parlent de ma fille… ma fille est assez petite en effet, et elle est encore assez jeune, et, oui, j’espère qu’elle ira loin… penser qu’ils parlent de ma fille dans le rôle de Blanche DuBois, de cette personne qui ressemble à ma fille et qui est Blanche DuBois… C’est très déstabilisant, le théâtre, pour les personnes de la famille… on se dit que l’autre… est vraiment… autre. Je suppose que c’est aussi ce qui est fascinant, pour les acteurs, ne plus être seulement soi. Une forme de vérité aussi. Car on ne peut jamais être seulement soi, ça ne veut rien dire, être « soi »…

En effet, vous faites bien de le préciser, c’est vrai de l’art en général, pas seulement du théâtre… cette façon de faire de nous un autre… un autre qui ne serait pas nous, mais qui serait plus vrai que nous… Fascinant. Cela m’a longtemps fasciné moi aussi. Au temps où je croyais être un artiste, je veux dire…

Souvent, avec ma fille, nous avons des conversations de ce genre… C’est une fille qui réfléchit beaucoup… Elle m’a dit quelque chose d’un peu compliqué, l’autre jour, sur l’art, je vais essayer de vous retrouver ça… elle m’a dit – enfin c’étaient à peu près ses mots, je ne les ai évidemment pas appris par coeur – elle m’a dit que l’art, c’était comme la vie… Voici son raisonnement – approximativement – : la vie, n’est-ce pas, n’a pas d’autre sens que de se continuer elle-même… que nous soyons éléphants ou moucherons, rois ou mendiants, nous sommes tous entraînés par la vie, puis broyés par la vie, au nom de cette impulsion supérieure qu’est la vie, inévitablement broyés par cette vie qui nous dépasse, et pourtant tous nous sommes, d’une certaine façon, la vie, tous nécessaires à la vie… Eh bien l’art, selon elle, c’est la même histoire…

Et les artistes, tous à leur place, finalement. Tous nécessaires, finalement. Et tous broyés, à la fin des fins. Même les meilleurs. Même les plus grands. Même Mozart, peut-être. Qui sait, même Mozart, dans dix siècles ou cent…

Cela vous laisse rêveur ?

Une théorie comme une autre. Je ne la trouve pas si bête, après tout. 

Ah, non… voilà qu’il se met à pleuvoir ! Il faisait si bon il y a un instant encore… Rien, vraiment rien ne laissait prévoir cette pluie. Si seulement j’avais pensé à apporter mon parapluie… quand ma fille va sortir, tout à l’heure… nous aurons à marcher jusqu’au parking… elle sera mouillée, c’est très mauvais pour elle, d’être mouillée, il lui faut prendre grand soin de ses cordes vocales, elle doit jouer encore demain, et après-demain.

Tiens, le clarinettiste recouvre sa sono. Rien à faire d’autre… Avec cette pluie, le pauvre, il a perdu sa soirée… 

Les gens se dépêchent de sortir du théâtre… cette pluie… cette pluie battante… J’ai l’impression qu’ils étaient nombreux dans la salle. C’est une première réussite, si déjà ils sont venus nombreux… Le café se remplit vite, forcément, avec cette pluie… ils veulent tous rentrer… Dépêchons-nous de gagner une table abritée, à l’intérieur…

C’est un peu à l’écart, ici, enfin, tant pis… mais c’est dommage, vraiment, de ne pas entendre ce que les gens disent du spectacle… Je suis sûre qu’ils en parlent… Je me demande ce qu’ils ont pensé de ma fille. Dans ce rôle de Blanche DuBois qui est si délicat, et que, à vrai dire, je n’aime pas beaucoup… Je l’ai vue à la générale, avant-hier, et, tout de même, elle m’a semblé très bien. Mais eux, qu’est-ce qu’ils ont pensé ? Que disent-ils ? Il y avait certainement ce soir dans la salle des critiques influents… 

Non, ne vous inquiétez pas, ma fille ne va pas arriver tout de suite. Elle reste encore un moment après le spectacle, avec sa troupe, avec ses amis, avec les journalistes… Vous avez le temps. Nous pouvons encore bavarder un peu… 

… Ah, vous avez remarqué… ! Oui, c’est une petite exposition, sur les murs de la salle du fond. Des toiles contemporaines, oui… l’artiste est parti, maintenant. Mais je l’ai vu, je lui ai même parlé. C’est un jeune Japonais. Oui, c’est très beau, ce qu’il fait… Il paraît qu’il a obtenu de nombreux prix au Japon… ici, bien sûr, il vit dans la misère. Il ne vend rien du tout, c’est évident.  Il y a un très beau Paysage de pluie – décidément ! – proposé à 56 euros seulement. Mais c’est un garçon courageux, il y croit encore, il montre son album de coupures de presse à tous ceux qui s’approchent… ce jeune Japonais, il est comme le clarinettiste, il continue… Pas encore prêt pour la comptabilité, lui non plus…

Vous savez, quand j’ai vu le clarinettiste arriver, tout à l’heure, avec son teint sombre et son profil inca, je me suis dit : « Tiens, tiens, revoilà mon peintre japonais »… ça vous amuse, ce que je dis ? Vous êtes très bon public, et moi, moi… j’ai peut-être abusé de cette excellente bière qu’on sert ici…

Comment mon peintre japonais a-t-il pu se changer en clarinettiste ?

Ah, ça… ça… c’est le mystère de Paris, son secret de ville capitale. Les rêves, les désastres, les exils, les joies, les déceptions, ici tout se brasse et se bat comme un grand jeu de cartes… Mon clarinettiste était tout à l’heure un peintre japonais, et il sera sans doute demain un guitariste cubain, un mime polonais… une chanteuse de cabaret bretonne… il est peut-être même déjà cette femme un peu ivre qui reste assise là, à la terrasse, indifférente à la pluie, et qui déclame de sa voix rauque les poèmes qu’elle a publiés jadis à compte d’auteur… ou encore, pourquoi pas, ce romancier ambitieux qui vient de placer son premier manuscrit chez un éditeur du cinquième, et qui sera nobélisé, un jour… à la veille de sa mort… Car il y en a, aussi, qui réussissent, comme on dit… quelques-uns, oui, qui restent dans la lumière, pour un an, pour dix ans, pour un siècle ou pour dix, parfois même davantage… Cela vous amuse toujours, que je vous dise tout cela ? « Show must go on… Il faut que le spectacle continue.. » Peu importent les misères, les regrets, « Show must go on », l’art est comme la vie… on ne sait où il va mais il faut qu’il aille…

Pauvre clarinettiste, il pleut si fort maintenant qu’il a tout remballé sans attendre les applaudissements du public. Cette pluie ! On dirait qu’elle veut rayer toute la rue, rayer tous les passants, tous les clarinettistes et tous les peintres japonais, tout effacer, tellement elle tombe et tombe… Il ne pouvait rien faire d’autre que remballer, s’en aller, le pauvre homme… vaincu… Dans son chapeau rouge, j’ai l’impression qu’il n’a eu que deux pièces à cueillir, la sienne, et celle de la petite fille… Maigre recette, et pourtant, voyez-vous, je l’ai envié tout le temps que je vous parlais, oui, moi qui ai tout laissé, je l’envie, car lui, il a encore tout ce que j’ai perdu, il l’entend toujours, ce que je n’entends plus… ce grand appel de l’art qui veut que nous allions à lui, pour rien, pour nous, pour lui… 

Mais voilà que ma fille sort enfin. Elle est radieuse, n’est-ce pas ? La pluie a dessiné sur ses joues de grandes larmes de mascara qui brillent dans la lumière. Oui, elle est très belle, ma Blanche… Je ne sais pas ce que les critiques influents écriront demain. Mais elle… elle, je suis sûre qu’elle a bien joué, ce soir.

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17 commentaires pour Concerto pour clarinette

  1. jill bill dit :

    Ah cette maman… sans carrière musicale elle, bonne chance à sa fille alors… Sympathique histoire Carole…

  2. G.Policand dit :

    C’est fou ce qui passe dans la tête de quelqu’un qui attend!
    Qui attend? On se le demande jusqu’au dernier instant…

  3. almanito dit :

    Elle n’attend rien d’autre que le souvenir de ses rêves, cette femme qui n’est jamais allée jusqu’au bout de ses aspirations. Peut-être parce que dans le fond, elle songeait plus aux paillettes et aux feux de la rampe qu’à l’art véritablement.
    J’ai bien aimé le clarinettiste qui se met en scène, puis se dédouble en artiste peintre par la suite, un peu le miroir des rêves inassouvis de la femme.

  4. mansfield dit :

    J’ai beaucoup aimé ce fil de la pensée qui peut sembler décousu, haletant, éparpillé mais qui reflète tellement d’hésitations, de tendresse, d’enthousiasme, d’allant, de retenue, comme peut le manifester quelqu’un qui n’a pas confiance en soi et dont personne n’a rehaussé l’estime de soi, Quelqu’un que personne n’a découvert en sorte. Pas de chance ou absence de talent, qu sait?

  5. flipperine dit :

    un clarinettiste au grand talent mais jouer dans la rue c’est bien triste

  6. Aloysia dit :

    Ce monologue est poignant et triste ; oui, comment vivre une vie d’artiste ? On n’a pas réussi soi-même ; on voudrait que sa fille réussisse… mais j’en ai deux qui ont essayé et franchement ce n’est pas facile. Alors on se retrouve secrétaire… et comme la pluie les larmes viennent tout balayer… malgré tout l’amour que l’on a dans son coeur pour la musique partie vers on ne sait quel empyrée ! Merci, Carole, pour se témoignage qui me touche profondément.

  7. Le pouvoir de suggestion de vos textes, Carole !

    Je viens de lire celui-ci en réécoutant le KV 622 de Mozart et ai comme d’habitude souri en sortant le cd de son boîtier : Richard Lejeune écoutant Richard Vieille.

    Je me revois, à l’instar de ce père que vous nous présentez, au bar du foyer du théâtre de la ville voisine, jadis, attendant notre fille qui allait sortir de son spectacle de danse classique.

    Et j’ai eu l’impression, à plusieurs reprises ce matin, de m’entendre, de nous entendre, mon épouse, d’autres membres de la famille, nos amis et moi, évoquer l’art, évoquer la difficulté d’en vivre, évoquer l’avenir de notre fille : a-t-elle plu ?, a-t-elle bien dansé ? en fera-t-elle un métier ? …
    Merci Carole pour cette simple tranche de vie dans laquelle tous les gens simples se retrouvent peu ou prou …

    Et là, dans le salon, en contrebas de mon bureau, avant de revenir à l’égyptologie, j’écoute Richard Vieille, au sein des « Archets de Paris », qui termine son concerto de clarinette …

    • carolechollet dit :

      Votre commentaire me ravit car je me demandais si beaucoup de parents vivaient les choses ainsi (il y a bien sûr beaucoup de moi dans le personnage de ce père), quand leurs enfants affrontent le monde très dur de l’art exercé en professionnel.
      Je vais écouter à mon tour Richard Vieille, je devrais trouver cela sur internet…

  8. almanito dit :

    Je m’aperçois que j’ai très mal lu ton récit, en effet, c’est un père qui attend sa fille. Désolée Carole.

    • carolechollet dit :

      Non, pas du tout, tu avais très bien lu. C’est moi qui ai changé cette mère en père. Cela me dégageait du piège autobiographique (j’ai, non pas une, mais deux filles qui tentent de « percer » dans leur art). J’ai pu faire ensuite d’autres modifications qui clarifiaient le propos, une fois « libérée » de ce problème narratif.

  9. Quichottine dit :

    La lecture comme toujours chez toi m’a transportée ailleurs…
    Guérit-on un jour de ses rêves envolés ?

  10. Galet dit :

    Je découvre, un peu tard mais grâce à Quichottine, ce très beau texte où j’ai immédiatement vu, contrairement à Jill Bill, un père anxieux et blessé par la vie. Puisses-tu longtemps encore entendre ta petite musique…

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