Le lézard de Mars

C’était, dans le journal, un petit article illustré d’une photo, avec un titre en forme de question : « Un lézard sur Mars ? »

Monsieur Robert approcha lentement la feuille de son visage pour mieux distinguer : sur la photo on remarquait bien une forme verdâtre, mince, avec quelque chose comme des pattes, une longue queue effilée, une tête étroite, recroquevillée, apeurée peut-être… oui, on pouvait dire que cela ressemblait à peu près à un lézard…

L’article, très bref, se contentait d’expliquer que la photo avait été prise par le robot Curiosity, et qu’un internaute – comme on disait maintenant – un Japonais, qui avait l’habitude d’éplucher tous les clichés de la NASA, y avait reconnu un lézard… cela faisait le buzz, écrivait encore le journaliste. Le petit animal couché dans les cailloux était entouré sur l’image d’un cercle rouge très élégant.

Monsieur Robert reposa le journal. Il lui plaisait d’imaginer que là-haut, sur cette planète morte et lointaine, des lézards minces et souples se coulaient dans la glace et la pierre, se faufilaient à travers les galets des fleuves fossilisés, se nourrissant de poussière, buvant aux sources de la nuit, glissant sur l’ombre des étoiles. Certains, déjà, avaient cru voir des fleurs, sur ces clichés de Mars, il s’en souvenait, on avait montré cela dans des numéros précédents. Des fleurs très délicates, comme des cristaux de gypse. Et maintenant, ce petit lézard… Il regarda de nouveau, approuva de la tête. C’était une très belle photo, un doux rêve d’au-delà…

… mais cela n’avait aucun bon sens, évidemment. C’était tout simplement impossible. Du buzz, comme disaient les journalistes, un grand bourdonnement de mots qui flottent dans le vide, aussitôt oubliés… Pourquoi y aurait-il eu sur Mars des lézards plutôt que des serpents ou des rats ? Et si le Lièvre de mars était un pauvre fou, alors que dire du lézard de Mars, sinon qu’il était le songe d’un idiot ?

Il observa encore la photo… Le lézard était immobile et raide, on aurait plutôt cru un morceau de boue figé, sculpté en forme d’animal par un vent furieux qui aurait tout retourné là-haut, avant de s’évanouir. Ou bien un tas de cailloux jeté là par on ne savait quel tremblement du temps… Un lézard, c’est si souple, si mobile, si léger. Celui-là était aussi engourdi qu’un fossile. Paralysé, en somme. Pris par la nuit. Incapable d’avancer plus loin.

Il parcourut d’un oeil distrait les autres rubriques du journal.

Les enfants de la classe de cinquième G du collège de Thorigny-Mons faisaient campagne contre la faim dans le monde, et vendaient leurs dessins dans la cour de leur établissement. Un prince saoudien avait loué pour lui seul et sa famille le parc de Disneyland à Marne-la-Vallée. Pour quinze millions de dollars Cendrillon et Blanche-Neige s’étaient prosternées devant lui. Un chômeur s’était immolé par le feu devant une agence Pôle emploi parce qu’on lui réclamait un trop perçu de trois cent douze euros vingt-cinq, qu’il avait déjà dépensé. Il ne faisait plus aucun doute désormais qu’on abattait en Syrie les hommes au gaz sarin, comme on aurait détruit des forêts au défoliant. Le transporteur Tombini-Raison allait être placé en liquidation judiciaire, on s’attendait à cinq mille licenciements. Au moins. Le magazine Santé d’abord proposait dans son supplément spécial de perdre trois kilos avant les fêtes.

Chaque jour on lui apportait un nouveau journal, et pourtant jamais aucun numéro ne le surprenait. Il avait l’impression, chaque fois, de lire, non pas une série de nouvelles inédites et stupéfiantes, mais toujours la même histoire chaotique, héroïque, dérisoire, fascinante, répugnante. Une accumulation d’horreurs, de douleurs, d’angoisses, de misères et d’absurdités, l’oeuvre d’un démon sinistre et ricanant. Et ces quelques mots légers et purs qui résonnaient parfois dans le grand tintamarre, ces lambeaux de rêve, ces haillons de bonheur, flottant comme des fleurs offertes, qu’étaient-ils finalement, dans ce spectacle déchaîné ? Des lézards de Mars. Des sottises.

— La lune, dit-il à haute voix. Je voulais la lune…

Brigitte était très ennuyée lorsqu’elle referma la porte du 113, après avoir, comme tous les soirs, souhaité une bonne nuit à son occupant. Car ce que monsieur Robert, le patient du 113, lui avait demandé, était bien surprenant. Et peut-être avait-elle été bien imprudente d’accepter.

Mais, bon, elle avait tant à faire, toute seule cette nuit à l’étage… Elle y repenserait plus tard, à tête reposée.

La dame du 118 gémissait, on l’entendait à travers la cloison… pourvu que… Brigitte se précipita. Elle arriva juste à temps pour relever la vieille femme qui s’était ouvert le front sur l’angle du radiateur. Cela saignait beaucoup… Elle la fit asseoir dans son lit, humecta un gant de toilette au robinet de la salle d’eau, le posa sur la plaie, appela… C’était toujours si angoissant, ces nuits de solitude… Madame Gorecki marmonnait des mots sans suite, sans paraître vraiment souffrir, à la recherche de ses pensées en allées depuis longtemps…. Au bout du fil, un médecin répondit et commença à interroger… « Alors je vous envoie un brancardier… dès que possible… tout de suite, oui… »

Dans une ou deux heures… probablement bien plus, pensa Brigitte, et s’il arrivait autre chose ?

Madame Gorecki regardait par la fenêtre, dont les stores n’avaient pas été baissés. Du doigt elle montra la lune qui dansait dans ses voiles de nuages, et elle commença à chantonner d’une voix qui tremblait : « La-lu-ne-la-lu-u-ne… »

— Je sais bien ce que c’est, c’est la lune qui me l’a emporté, mon Adam, il est parti avec elle… avec elle au muset-te… » Madame Gorecki se débattait dans ses chansons et ses récits embrouillés, cherchant où avait bien pu disparaître son mari, qui venait de mourir… « Il est parti avec elle, il faisait tant de bêtises… un homme qui s’appelait Adam, forcément… c’était un Polonais, mon mari… vous l’avez connu peut-être ? Il a toujours fait des bêtises, avec les femmes, avec la lune… » Madame Gorecki avait sur les bêtises que commettent les hommes des idées bien précises que Brigitte n’aurait pas songé à contredire. Le sang avait cessé de couler. La vieille femme se toucha le front, parut étonnée, puis s’endormit brusquement, dans un ronflement rauque, la tête penchée en arrière sur l’oreiller rouillé de sang séché.

La lune dansait là-haut, par intermittences. Les nuages qui fuyaient dans le vent tantôt la dévoilaient, tantôt l’obscurcissaient. Un petit théâtre d’ombres…

Brigitte se souvint de ce que monsieur Robert lui avait demandé tout à l’heure, et cela ne lui parut plus aussi surprenant.

—Il doit bien y avoir un moyen, avait-il précisé, d’apporter dans ma chambre un magnétoscope ou ce genre d’appareil… je vous en serais très reconnaissant, chère Brigitte, très reconnaissant…

Monsieur Robert était  toujours si respectueux. Ce n’était pas la question. Mais comment faire pour exaucer sa demande ? On ne disposait d’aucun magnétoscope, d’aucun lecteur DVD, dans le service. Par ailleurs ce pauvre monsieur Robert était incapable de quitter son lit, et, lourd et douloureux comme il l’était, on ne pouvait guère envisager de le descendre dans la salle vidéo. Enfin, même si on trouvait quelque part un lecteur de DVD, il n’avait pas la télévision, lui, dans sa chambre, contrairement à presque tous… il avait refusé la location du poste… c’était un homme sans beaucoup de ressources, louer une télévision, cela aurait encore augmenté le prix du séjour… D’ailleurs il préférait lire, disait-il toujours. Il était en effet le seul emprunteur de la petite bibliothèque qu’on avait montée, à l’hôpital, avec les dons que les gens avaient bien voulu faire…

— Il doit y avoir un moyen, vous êtes une fille si débrouillarde… 

— Oui, avait dit Brigitte, très vite. Oui, oui, je m’arrangerai…

Le brancardier ne vint descendre Mme Gorecki que vers six heures, le lendemain matin, quand Brigitte quitta son service. La nuit avait été difficile, la nuit suivante serait difficile. La vie était difficile. Et la mort était plus difficile encore. Elle en aurait pleuré, si elle avait encore eu l’habitude de pleurer. Mais c’était une faiblesse qui lui était passée depuis tant d’années qu’elle travaillait là. C’était bon cependant, maintenant, de rouler à l’aube, sur la route encore solitaire, dans la lueur du soleil qui enflammait la terre. Elle remarqua un reste de lune, sur la croupe d’un nuage. Ce qu’elle aimait, dans le service de nuit, c’était d’avoir le ciel, au retour. L’aurore la soulageait tous les matins de sa lourde fatigue. Elle appuya sur l’accélérateur et la petite voiture fila vers l’horizon. Au stop elle s’immobilisa. Hésita. Elle repensa à ce qu’elle avait promis à monsieur Robert. De nouveau elle se sentit inquiète. Elle n’en serait peut-être pas capable. Et promettre ce qu’on ne peut tenir, il n’y a rien de plus cruel.

—Voilà, avait demandé Brigitte à son fils, Maël, le dimanche suivant, quand il était venu déjeuner avec son amie Alicia, voilà, c’est pour un monsieur de l’hôpital, une sclérose en plaques, il se paralyse peu à peu, il ne peut déjà plus quitter son lit, il n’a plus de famille, il n’a que moi… il faut que tu m’aides.

— Va sur YouTube, c’est tout bête à trouver… Apporte-lui un ordi, ou une tablette… Il n’a pas de connexion internet, ton type ?… Je te prête ma tablette – jusqu’au prochain dimanche. Pas plus, hein ?  Je te charge le film, t’auras qu’à cliquer…

Elle avait calé monsieur Robert dans ses oreillers, elle avait installé l’appareil sur la table à roulettes, elle avait branché, cliqué où il fallait. C’était très simple, finalement. Et elle s’était assise à côté de l’infirme, sur le fauteuil de Skaï déchiré.

— J’ai un peu de temps pour vous, cette nuit, monsieur Robert, vous avez de la chance, tout a l’air calme. Mais pas plus de dix minutes, vous savez que je suis toute seule pour la garde. J’ai laissé la porte ouverte, vous comprenez…

Mais déjà sur l’écran avaient surgi les vieilles images, aussi floues et étranges que ces voix américaines dont ni elle ni monsieur Robert ne comprenaient les paroles. L’homme descendait avec peine de l’échelle, le dos chargé d’un énorme fardeau. Puis il posait son pied sur le sol cendreux et criblé de trous comme un champ de bataille, et il s’élançait en bondissant, léger et blanc sous son lourd scaphandre, souple et lumineux dans la nuit si profonde…

Elle fut surprise de se sentir émue… c’étaient pourtant des images qu’elle avait vues bien des fois, comme tout le monde, sans jamais s’y intéresser.

— Quel âge aviez-vous, Brigitte, en juillet 69 ?

— Je suis de janvier 70, monsieur Robert.

— Vous êtes si jeune…

— Pensez-vous, monsieur Robert, si vous saviez comme j’ai mal dans les jambes à force de rester debout, et j’ai un grand fils qui vit déjà en ménage…

— Je me souviens parfaitement du soir où c’est arrivé. C’était en 1969… je m’en souviens comme si c’était hier… J’étais encore un jeune gars, en ce temps-là, imaginez cela… j’avais juste quatorze ans… un jeune gars… Vif et souple, mince, vigoureux… vous ne me croyez peut-être pas ?

— Si, monsieur Robert, je vous crois sans peine. On le voit encore, que vous avez été comme ça…

— J’étais chez mes grands-parents… Je venais aider, l’été. Ils vivaient dans une ferme du Massif central, un coin magnifique, sauvage… plein de bêtes, de forêts épaisses… Il avait fait chaud toute la journée, j’avais récolté un serpent, cet après-midi-là, un bel aspic que j’avais fourré dans un sac… j’en ramassais, quand je pouvais, vous voyez, pour l’Institut Pasteur… mon grand-père les apportait à Guéret… ils payaient bien… ils récupéraient le venin pour les vaccins, à l’époque… 

— C’était tellement dangereux, monsieur Robert, vous auriez pu vous faire mordre…

— Oh, j’étais agile, et puis je n’avais peur de rien… en ce temps-là, dans les fermes, on était dégourdi… je vous choque, peut-être, avec mes histoires de serpents ?

— Oh, vous savez…

… C’était pour la bonne cause. Pour l’institut Pasteur… et puis à l’époque, on pensait des choses comme ça, des idioties, qu’on allait éradiquer les serpents, par exemple… les prés en étaient infestés, dans la Creuse… 

–On dit qu’on les protège aujourd’hui… Un malade m’a affirmé qu’on faisait même des lâchers, qu’on les lançait depuis les hélicoptères… mais mon fils dit qu’il ne faut pas croire ces bobards…

–Toujours est-il que ça payait bien, en ce temps-là, la chasse aux serpents… Tous les voisins étaient venus, les gens n’avaient pas de télévision chez eux à l’époque, enfin pas chez nous, mais mon grand-père en avait acheté une, exprès, cet été-là… d’occasion, bien sûr, peut-être même à crédit… Il avait invité tout le monde… Le village entier était venu… des dizaines de familles… Imaginez cela… un coin presque désert à présent… j’y suis retourné, et il n’y avait plus qu’un vieux et un jeune, chacun dans sa maison à un bout du village qui s’écroulait… Mais je peux vous dire que ce soir-là, en juillet 69, une foule se pressait dans la salle, des hommes, des femmes, des enfants, même les vieux étaient venus… on avait veillé en buvant de la piquette, on bavardait, on riait… De temps en temps, quelqu’un allait regarder à la fenêtre la lune qui brillait très fort justement ce soir-là… Et puis, soudain, chacun s’est tu… on a entendu la voix de Neil Armstrong nasiller dans la nuit, là-bas… : « Un grand pas pour l’humanité »… Un homme au bras coupé, un ancien militaire, qui avait fait l’Indochine et l’Algérie, a salué l’écran d’un air grave. Les enfants ont battu des mains, et on a commencé à danser dans la salle… Ça a été mon dernier été à la ferme… dès le mois suivant,  j’étais apprenti chez Delbée à Asnières, et puis, très vite, j’ai rencontré ma femme…  – sa voix se cassait un peu quand il parlait d’elle, Brigitte l’avait souvent remarqué. Je suis devenu monsieur Robert… j’ai même été délégué syndical, ensuite, chez Delbée… les gars m’appréciaient… 

… Si on nous avait dit, cette nuit-là, dans cette ferme de la Creuse où tout était si dur, que le monde allait être meilleur. Qu’il allait être bon, et beau. Qu’il n’y aurait plus de fatigue, plus de misère, plus de guerres, plus de faim, plus que des hommes marchant sur la lune comme dans un rêve… et puis qu’on s’en retournerait au paradis, en marchant derrière eux… si on nous avait raconté cela, tous nous l’aurions cru. Sans hésiter. Oui, pendant ces minutes-là, nous l’aurions cru…

— Il y a des gens, aujourd’hui, qui racontent que les images étaient truquées, c’est mon fils qui me l’a dit, il a lu cela sur internet… un tas de gens qui prétendent que tout a été tourné en studio… pour la propagande…

— Quelqu’un se serait avisé de dire une chose pareille, cette nuit-là, personne ne l’aurait seulement écouté… voyez-vous, Brigitte, nous vivons maintenant dans une époque… je ne sais comment dire… Brigitte, une époque… désabusée… désenchantée… Mais ce soir-là, c’était autre chose, comment vous dire ? je voudrais pouvoir vous expliquer : c’était comme un espoir qui passait sur la terre… c’était, je ne sais pas… comme quand on s’en va vers l’horizon, sur la pente d’une haute montagne… qu’il fait noir encore, mais qu’on marche vers une lumière, là-haut, vers une aurore qui grandit… Vous ne pouvez peut-être pas comprendre, Brigitte, on ne comprend plus cela, aujourd’hui…

— Si, je comprends, monsieur Robert…  je comprends bien ce que vous avez éprouvé : moi aussi quelquefois je ressens… oui… quelque chose de ce genre… un sentiment… d’élan… 

— Exactement… Vous savez, à l’époque, il y avait autant de guerres, de famines, de monstruosités que maintenant, peut-être même davantage… et de la propagande aussi, il y en avait… et cette rude vie qu’on menait dans les fermes et dans les usines, ça nous taillait le coeur à la serpe… mais on y croyait, à ce grand pas de l’humanité… et cela changeait… tout. Le bonheur à venir, on y croyait… Je vous ai dit que j’avais été délégué syndical ? Des blagues, tout ça, maintenant, des sottises…

—Mais non… non, ce n’est pas fini, monsieur Robert… il paraît qu’on pourra marcher sur Mars aussi, un jour…  il y a déjà ce robot, là-bas, Gravity…

— Curiosity…

— Oui, Curiosity… il paraît qu’il va photographier tous les recoins, tout explorer… que jamais on n’a entrepris quelque chose d’aussi difficile… d’aussi complet… vous avez dû voir, dans le journal… on en parlait, la semaine dernière… un progrès fabuleux, ce robot, voilà ce qu’on disait…

— Ah, Brigitte… ce progrès-là… qu’est-ce que vous voulez… je ne le nie pas, mais un robot, ça ne fait pas rêver… et puis, à quoi cela sert-il, d’aller si loin, de traverser le ciel, si ce n’est pas pour que sur terre on soit enfin heureux… ? 

— Mais c’était bien, tout de même, cet article dans le journal, vous vous souvenez ? on disait qu’on avait déjà trouvé des choses extraordinaires, là-bas… de l’eau… moi, ça m’a fait rêver vraiment… de l’eau… de la vie… des… des rivières… on parlait même d’un serpent… d’un petit serpent vert qu’on avait découvert dans les pierres… !

—… un lézard, Brigitte, un lézard, pas un serpent. Il n’y a jamais eu de serpents, là-haut. Ni de lézards, d’ailleurs… des sottises, tout ça. Mais vous, Brigitte, vous… je vous remercie… je vous remercie de m’avoir retrouvé ce vieux film, et d’être restée un moment avec moi… j’ai été très heureux, ce soir, vous savez, très heureux, vraiment, de parler un peu…

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14 commentaires pour Le lézard de Mars

  1. Bonsoir Carole, j’avais 14 ans le 21 juillet 69, dans la nuit on a allumé la télé noir et blanc… j’avoue n’avoir été que peu intéressée par la chose, nous n’avions pas de voiture et n’allions nul part pratiquement sur terre, alors la lune…. merci, jill

    • carolechollet dit :

      Cela m’avait fascinée. Peut-être parce que j’étais une petite campagnarde, et que c’était vraiment « l’autre monde ». Mais c’est vrai que c’est sur terre qu’il faudrait améliorer la vie. Promesse non tenue de la conquête du ciel…

  2. almanitoo dit :

    Pauvre monsieur Robert qui voudrait bien ressentir à nouveau tout l’espoir suscité par les premiers pas de l’homme sur la lune… espoir déçu et bien …lézardé si j’ose dire, à la fin de sa vie, en s’apercevant que plus rien ne le fait ni rêver ni espérer.

  3. Quichottine dit :

    Ton récit me plaît beaucoup, Carole.
    J’avoue qu’en 1969 j’ai aussi regardé ces hommes marcher sur la Lune… et j’en ai été très triste.
    Ils chassaient ainsi le Pierrot que j’imaginais vivre là-haut… 🙂

    Nous avons repoussé les limites de nos rêves, mais sommes-nous plus heureux pour autant ?
    Nos dernières années seront peut-être meilleures si d’autres Brigitte accompagnent tous les Mr Robert de la Terre.

    Passe une douce journée. Merci encore pour ce moment de lecture.

  4. Au-delà de ce conte philosophique, j’ai retenu comme beaucoup de vos « jeunes » lectrices, l’année 1969 :

    *Gainsbourg et Birkin la proclamen érotique …
    * Le 30 juin, j’avais 21 ans : en Belgique, cela correspondait à cette époque à l’âge de la majorité légale. Cela se fêta …
    * Le 20 juillet, Eddy Merck gagna son premier Tour de France ; le premier de cinq ! Cela évidemment se fêta.
    * La nuit suivante, émule de Tintin, un homme marcha sur la lune ! Cela aussi se fêta.
    *C’était le 21 juillet, jour de la fête nationale belge. Cela, obligatoirement, se fêta …

    Et très honnêtement, de jour en jour, de fête en fête, je ne sais plus à présent lequel de ces événements nous célébrâmes le plus.
    Probablement tous à la fois puisque chez nous, tout ou presque est prétexte à faire la fête !

    Bien plus sérieusement, maintenant : il est un peu rapide, je crois, d’affirmer qu’ici-bas, les promesses de la conquête spatiale ne furent pas tenues.
    Je sais qu’au niveau des hôpitaux notamment, des « encadrements » métalliques permettant à des enfants paralytiques de se mouvoir ont été mis au point, copiés sur la structure d’engins spatiaux : et je puis vous assurer que, pour eux, ce ne fut pas promesse en l’air !

    • carolechollet dit :

      Oui, c’est ce que je voulais dire aussi dans ce récit avec l’évocation de la conquête de Mars : l’aventure technique continue, et sur le plan médical aussi, mais qui croit encore au progrès dit « social », à la fin des guerres, de la barbarie ? Alors qu’en 69 (un an après 68), cette foi dans le progrès, qui nous vient des « Lumières » (un symbole que j’ai voulu reprendre) avait atteint, je pense, son apogée.

  5. emma dit :

    Un très beau récit, plein d’humanité. Brigitte est une belle personne. j’aime ta façon d’évoquer la cacophonie du monde dans la gazette, et le lézard sur mars qui replace l’aventure dans le domaine de la légende, plus accessible à l’homme.
    Il n’est pas étonnant que des gens doutent encore de ces événements, comme d’autres expéditions spatiales, la faute aux reconstitutions modélisées qui, loin d’être pédagogiques n’entrainent que doute et confusion

  6. zadddie dit :

    En l’an 2000 j’aurais 21 ans ( je les ai bien eu (c’était pas aussi raccord que dans la chanson de Bachelet)) et on circulerait dans les voitures en lévitation…
    Oui les années 2000, ce début de décennie et cette fin de xxième siècle se révélèrent bien plus prosaiques qu’imaginés..mais la vie est une belle aventure..tout de même!

  7. Catheau dit :

    Si on ne rencontre pas Dieu dans l’espace ainsi que l’aurait dit un cosmonaute russe, votre texte nous dit qu’on peut rencontrer l’Autre sur terre. Merci, Carole.

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